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Liya On Beauty

6 years ago by

À Cannes, j’ai eu la chance de rencontrer l’une de mes mannequins préférées, Liya Kebede.

Bien sûr, je la trouve belle, mais je trouve qu’elle a une personnalité fascinante. Bien sûr, comme on était dans le cadre de son travail avec L’Oréal, dont elle est l’une des ambassadrices, on s’est parlé beauté (elle a deux ou trois choses à m’apprendre à ce niveau-là) mais on s’est promis de se retrouver rapidement pour la découvrir plus en profondeur. Voici donc une petite intro à la sublime Liya.

————-

Tu te souviens de la première fois où tu t’es maquillée ?
 
Je crois que j’étais en Ethiopie, je devais avoir 15 ou 16 ans. C’est la première fois, et c’était vraiment horrible ! Mes parents étaient très stricts. C’était zéro maquillage. Tout était interdit.
 
Je crois que la première fois que j’ai eu leur permission, c’était pour la soirée de remise des diplômes du bac.
 
Waouh ! Comment est-ce que ça a façonné ton approche de la beauté ?
 
Ma maman se maquillait très peu, mais elle mettait toujours du rouge à lèvres. Tous les matins, elle appliquait un rouge très rouge, c’était tout un truc.
Moi, je suis moins douée qu’elle mais je me souviens que j’étais fascinée quand je la regardais mettre son rouge à lèvres. C’était un véritable rituel et elle était magnifique avec. Elle ne mettait rien d’autre, et ça m’est resté. Je me suis dit : plus tard, je mettrai du rouge à lèvres rouge tous les jours.
 
Elle avait deux essentiels : son rouge à lèvres ni son parfum.
 
Tu es née en Ethiopie. Culturellement, qu’est-ce que la beauté, là-bas ? Quels sont les critères de beauté ?

Les femmes s’occupent beaucoup de leurs cheveux, et je trouve qu’on a de très bonnes coiffeuses. Du coup, en Ethiopie, les femmes ont de très beaux cheveux, et une très belle peau ! Pourtant, elles ne font pas grand-chose, elles utilisent juste beaucoup de beurre bio sur leurs cheveux, le résultat est bluffant. Quand j’y retourne, je m’y remets, parce que je trouve que ça nourrit vraiment les cheveux.
 
Mais entre le moment où j’y ai grandi et maintenant, même l’idée de la beauté a beaucoup changé. Bien sûr, l’occidentalisation y est pour beaucoup. Il y a une espèce d’uniformisation de la pensée, et c’est vraiment dommage.
 
Quitter l’Ethiopie pour devenir mannequin en Europe et aux Etats-Unis, tu as vécu ça comme un choc ?
 
Je suis arrivée à Paris à 18 ans, j’y suis restée 3-4 mois. C’était ma première tentative en tant que mannequin dans la mode, et là, ça a vraiment été un choc.
 
En Ethiopie, être mannequin, ça voulait surtout dire faire partie d’un univers sympa. Il y avait très peu de créateurs, les shootings photo n’existaient pas ou peu, il n’y avait que quelques défilés de mode de créateurs locaux. On se maquillait et coiffait nous-mêmes, on défilait avec nos chaussures personnelles. Alors forcément, en arrivant à Paris, je me suis dit : « Mais c’est quoi ce truc ? ». Tout était tellement professionnel, toutes les filles étaient belles et grandes. J’avais du mal à croire que je percerais un jour.
 
C’était assez décourageant. J’étais jeune, j’avais encore des étoiles dans les yeux. Et là, tout le monde te snobe à moitié : « Ah, salut… ». Je me demandais si j’étais bien au bon endroit.
 
Du coup, je manquais de confiance en moi.
 
Comment fait-on pour lutter contre ce sentiment ?

 On gère au jour le jour. Au bout d’un moment, on devient plus à l’aise avec son apparence, on fait le mieux possible avec ce qu’on a. Il faut trouver ce dans quoi on s’épanouit le mieux, et à partir de là, ça va.
 
Si on s’éloigne trop de ce qu’on est, on ne fait qu’accentuer ce manque de confiance en soi. C’est du long terme, et je crois que ça s’améliore avec l’âge. On s’accepte telle qu’on est.
 
Donc il faut rester fidèle à soi-même.
 
En tant qu’ambassadrice L’Oréal, tu incarnes une certaine idée de la beauté. As-tu un message à faire passer, quelque chose à dire aux jeunes femmes ?
 
C’est compliqué. 
 
Je sais qu’à 15 ans, on ne sait pas encore vraiment qui on est, enfin ça dépend des filles. Certaines sont déjà très solides et à l’aise avec ce qu’elles sont. Ces filles-là s’en sortent toujours. Il faut essayer de se sentir bien telle qu’on est. Apprendre à aimer les aspérités qu’on peut avoir, les prendre comme quelque chose de positif plutôt que négatif, il ne faut pas avoir envie de ressembler à tout le monde, et c’est souvent ce qui arrive au départ.
 
Idéalement, c’est ce que je voudrais pouvoir dire aux filles, pour qu’elles trouvent leur individualité et qu’elles la considèrent comme un plus. Vouloir se conformer à une certaine norme, c’est la mort. Il faut cultiver sa singularité et la mettre en avant. Et avec le maquillage, c’est pareil, en fin de compte il faut trouver ce qui fonctionne pour soi, et pas forcément sur les autres.

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