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Ian Schrager: Boundary Pusher

3 months ago by

Vous ne connaissez pas forcément le nom de Ian Schrager, mais vous connaissez forcément certains de ses projets. Vous connaissez l’emblématique boîte de nuit, Studio 54, qu’il a co-fondée à la fin des années 70, ou un des nombreux hôtels qu’il a dans le monde avec EDITION Hotels, créés en partenariat avec Marriott, ou peut-être le génial PUBLIC Hotel à NYC.

Quoi qu’il en soit, ma conversation avec Ian montre clairement qu’il a toujours été du genre à repousser les limites, en étant toujours dans le creux de la tendance. Il a collaboré avec certains des plus grands architectes, voyagé dans le monde entier et il a appris certaines leçons de la manière forte. Aujourd’hui, il a un mode de vie plus doux qu’à son époque boîtes de nuit, mais c’est encore une pile électrique.

J’espère que vous apprécierez cette conversation avec lui autant que moi.

podcast cover

Ian Schrager: Boundary Pusher

Pardon My French with Garance Doré
Ian Schrager: Boundary Pusher

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atelier dore pardon my french ian schrager

Sur NYC dans les années 1970…
Je pouvais aller dans les clubs parce qu’on pouvait y être anonyme et timide. C’était une fête. Sérieuse, frénétique, de la danse un peu tribale… il y avait des centaines de personnes sur la piste de danse bougeant en rythme, réagissant aux changements de musique. C’était une vision enivrante, et il n’y avait pas vraiment besoin de savoir grand chose pour s’occuper d’une boîte de nuit. Il n’y avait pas besoin de compétences ou d’un talent particulier.

Sur la compatibilité de sa relation avec Steve Rubell…
Il s’est avéré que Steve adorait être en groupe, et moi pas. Je n’aime toujours pas ça. La première nuit, à l’ouverture de notre club dans le Queens, Steve a rejoint des jeunes au bar et je suis allé dans le DJ booth pour jouer avec les lumières. Ça s’est fait naturellement, spontanément, sans partage particulier des responsabilités. Ça s’est juste passé comme ça.

Sur le fait de savoir ce que veulent les gens…
Je suis un pur produit de mon environnement. Je suis incroyablement curieux de tout, désespérément curieux. J’arrive à sentir les mouvements de la population, l’inconscient collectif. Après tout, nous sommes tous humains. Il y a une condition humaine qui ne change pas. La mode change, les voitures, les coiffures aussi, tout ça change, mais l’ADN de base de notre identité, ce que nous sommes, ça ne change pas.

atelier dore pardon my french ian schrager

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Sur la liberté permise par le Studio 54…
Au Studio 54, on trouvait un désir humain d’atteindre la liberté pure. La liberté pure, à 100%, là où nos actions n’ont plus de conséquences. Celle où rien de ce que vous faites dans la nuit ne peut vous empêcher de vous lever le lendemain matin, et de partir. Nous rêvions de cette liberté d’expression, d’être libérés de la honte. Et on y arrivait au Studio 54.

Sur le fait de briser les règles…
Nous faisions une évaluation de chaque règle. On la gardait si elle était logique. Si elle n’était pas logique, ou s’il y en avait une mieux, nous faisions plutôt ça et nous avions le courage de le faire.

Sur l’ivresse du succès…
Steve et moi, nous sommes tous les deux restés modestes et nous avons gardé les mêmes amis, nous nous sommes fait de nouveaux amis mais nous avons gardé les mêmes amis. Nous pensions avoir les pieds sur terre. Nous sommes simplement devenus complètement intoxiqués par tout ça. Il faut se souvenir que tous les deux, nous n’avions jamais eu d’argent. Un jour, nous étions d’une petite banlieue de New York. Et le lendemain, nous étions célèbres. Ou au moins Steve, et moi, je le ressentais à travers lui. Je crois que ça nous est monté à la tête, c’était tellement stupide. J’y repense maintenant, c’est tellement ridicule.

Sur le fait de repousser les limites…
Nous nous approchions des limites de la légalité, mais pas en termes de drogues par contre. Nous faisions venir des animaux dans le club, des chevaux, des éléphants, des panthères noires, ce genre de choses. Une fois, nous avons fait venir une panthère noire, je la tenais par la laisse et elle s’est énervée. Elle s’est calmée mais vous imaginez ? Ce qui se serait passé si j’avais lâché la laisse ? Quarante ans plus tard, j’y pense encore. Mais c’était le genre de choses qu’on faisait.

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Sur NYC…
New York avait certains avantages. Un super port, une position centrale et des choses qu’on ne trouvait nulle part ailleurs en Amérique – du théâtre, de la mode, des magasins, des musées, une vie nocturne. Puis, si on saute en avant dans le temps, on trouve le même théâtre à Houston, et les mêmes magasins à Dallas et à Bond Street à Londres, à Paris et à Tokyo. Les gens s’habillent pareil maintenant, contrairement à avant. Les coupes de cheveux sont les mêmes, les longueurs de jupe sont les mêmes, la mondialisation nous a fait du mal. Il n’y a plus de raison de venir à New York pour faire de l‘art, de la musique, du théâtre ou de la mode. Même si ce n’est pas une vision très partagée, toutes les bonnes choses de New York rendaient les mauvaises tolérables. Maintenant qu’il n’y a plus ces bonnes choses, les mauvaises sont devenus intolérables. Bien sûr, cette opinion n’est pas très partagée mais j’adore New York. Il y a encore un niveau d’énergie, d’intensité et d’hostilité qu’on ne trouve pas dans beaucoup de villes et j’aurais du mal à vivre ailleurs parce que tous les autres endroits, sauf peut-être Paris et quelques autres j’en suis sûr, me sembleraient un peu provinciaux et lents.

Sur le design de ses hotels…
Je donne le cadre et les orientations, ce que je veux dans un hôtel pour que les gens en profitent. Ce n’est pas une question de design mais d’identité du projet. Je considère le créateur comme la personne qui produit les effets spéciaux dans un film. Si les effets spéciaux sont géniaux mais que l’histoire est mauvaise, alors les effets spéciaux n’ont aucun sens. Si les effets spéciaux sont bons, que l’histoire est bonne, que le récit est bon, alors le film est mieux. Je pense la même chose des hôtels. Ce n’est pas guidé par le design mais par une idée.

Sur le luxe aujourd’hui…
Le luxe a changé. Ce n’est plus une catégorie de business, ce n’est plus une question de statut lié à la possession d’une marque en particulier. C’est ce que quelque chose vous fait ressentir. Si ça vous fait vous sentir bien et si vous êtes traité avec respect et courtoisie. Si vous êtes dans un endroit qui n’est connu que par les initiés. Voilà le statut à mes yeux. Nous étions fascinés par les gens riches et je crois que ce n’est plus le cas, et je crois que ça n’a pas d’importance. Je crois que le luxe aujourd’hui, ce n’est pas seulement une question de coût et de richesse, c’est pour tous ceux qui veulent. Ça a quelque chose de merveilleux.

atelier dore pardon my french ian schrager
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AUTRES SUJETS ABORDÉS :
Son of Sam
Burning Man
Grace Jones
Philippe Starck

Un grand merci à Ian qui nous a accueilli chez lui pour cet épisode. N’oubliez pas d’aller découvrir le PUBLIC Hotel à NYC et les nombreux autres espaces de EDITION Hotels dans le monde.

2 comments

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  • Jorge Alexandre Teixeira 28 mai 2019, 2:48 / Répondre

    Gotta love these 70’s stories where women and men like Ian almost didn’t have a penny to their name and they were always on the grind, on the hustle!!! I really do admire people that create something Great from scratch!!!

  • Ah, NYC et le studio 54, comme j’aurais aimé connaître cette époque. Il est vrai que la ville a bien changé, mais comme Londres, Paris ou même Montpellier, tout va si vite!!! Le temps s’est accéléré avec les nouvelles technologie et l’industrialisation à outrance.
    Mais le changement a également des avantages incontestables.

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