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Things I Learned From Choosing Gratitude Over Grief

2 months ago by

Le 12 septembre 2015, j’ai fait ce qu’aucun être humain ne devrait jamais avoir à faire. J’ai vu des choses qu’une épouse ne devrait jamais voir. En un instant, sans préavis, je suis passée d’épouse à veuve.

Je n’ai jamais eu peur du changement. En réalité, Scott et moi adoptions pleinement le changement, nous nous étions donné pour mission dans la vie d’aider les gens à vivre en pleine conscience à travers Live Your Legend, l’entreprise et l’organisation internationale à mission que nous avions lancée. Nous avions passé nos vies à fonder nos décisions sur nos sentiments au lieu de faire des choix “rassurants” ou “logiques”. C’est ce qui nous a conduits, à 32 et 33 ans, à voyager dans le monde entier tout en dirigeant une entreprise au chiffre d’affaires à six chiffres qui avait (et a encore) pour mission de changer le monde en vivant une vie pleine de sens. Nous pensions que quand on passe des journées conformes à son être profond, alors on se montre comme la meilleure version de soi-même, la plus authentique et c’est un cadeau pour toutes les personnes qu’on rencontre. Cela crée une énergie positive et déclenche un effet papillon qui, s’il ne peut pas être mesuré, ne peut pas non plus être arrêté.

Ce phénomène était visible dans la popularité du TEDx talk de Scott “How to Find and Do Work You Love,” qui avait été vu par plus de 3,5 millions de gens au moment de sa mort et a aujourd’hui été vu par plus de 10 millions de personnes.

A l’époque, en plein voyage d’un an dans le monde entier, nous vivions la vie dont nous avions parlé comme d’un rêve et nous avions besoin de nous pincer pour comprendre que c’était vrai. Et parce que nous étions partisans d’utiliser les challenges physiques pour nous prouver que nous pouvions faire plus de choses que nos esprits nous le laissaient croire, nous avons décidé que gravir une des sept plus hautes montagnes au monde serait un challenge mental et physique plus grand que tous les autres challenges que nous avions affrontés avant. Cela nous permettrait d’être physiquement au sommet.

Scott et moi étions en train de grimper les derniers 600 mètres du Kilimandjaro, la conclusion triomphante du voyage dont nous parlions et rêvions depuis si longtemps, quand j’ai entendu un cri issu du groupe qui escaladait devant. Ce n’était même pas un cri d’angoisse, seulement un bruit dans un espace qui était avant entièrement silencieux. Ce silence a été étouffé par le bruit des roches qui ont dévalé les pentes à une vitesse qui semblait défier la gravité. Je n’ai eu qu’une seconde pour m’écarter de leur trajectoire. Quand l’éboulement s’est arrêté et que le calme est revenu, je me suis retournée pour voir Scott, qui se tenait juste derrière moi. Il n’était plus là.
Je me suis ruée vers le bas et je suis arrivée à ses côtés. J’ai hurlé quand je l’ai vu – ses jambes étaient tordues et il avait de sérieuses blessures. J’ai enlevé ma veste et je l’ai enroulée autour de sa taille pour essayer de stopper l’hémorragie d’une énorme blessure.

Mon monde s’est dissous devant mes yeux au moment où la respiration de Scott s’est ralentie, avant de s’arrêter. Je me suis retrouvée assise au sommet d’une montagne, au milieu de l’Afrique, le corps sans vie de mon mari dans les bras.
M’organiser pour ramener son corps en Amérique, appeler des proches, réserver un vol de 36 heures pour rentrer – l’expérience semblait surréaliste. Ce n’est que dans l’avion, au milieu des nuages, que j’ai pris conscience de la réalité : Scott n’était plus là. J’étais une veuve de 32 ans. Et maintenant ? Eh bien, voici quelques-unes des choses que j’ai apprises…

1. PRÉFÉRER LA GRATITUDE A LA SOUFFRANCE

Cette perte m’a plongée dans des abîmes de peur, de désespoir et d’incertitude au moment où j’étais contrainte d’accepter une nouvelle réalité, de lutter contre ma vieille identité et d’abandonner le futur que j’avais imaginé. Comment accepter le fait que je n’avais plus mon meilleur ami, mon partenaire ? Nous étions ensemble depuis mes 19 ans, à quoi ressemblerait la vie sans lui ? Je n’en étais pas sûre et je ne savais absolument pas quoi faire pour le savoir ni par où commencer.

Tous les conseils que j’ai trouvés dans les livres, ou qui m’ont été donnés par ma famille et mes amis, me disaient de simplement survivre, de “passer le cap de la première année”. Mais comment accepter ce conseil alors que je sais combien le temps est fragile et précieux ? Je ne pouvais tout simplement pas concevoir de rester passive.

C’est un choix : est-ce que tu regardes ce que tu as, ou est-ce que tu te focalises sur ce que tu n’as pas ? Scott n’était plus là mais il y avait encore tant de beauté et d’amour autour de moi. Oui, j’avais perdu ma source principale d’amour mais ça ne voulait pas dire que tout l’amour était perdu. Je pouvais toujours choisir de préférer la gratitude à la souffrance.

2. LA PERMISSION D’ALLER BIEN

Mon esprit était bloqué sur une définition de ce que ça veut dire, “aller bien”. J’avais peur parce que je n’ai jamais imaginé être capable de me remettre d’une telle perte. Je ne voulais pas vivre heureuse pour toujours sans la personne que j’aimais le plus, donc qu’est-ce que ça disait de moi, de mon caractère, de ma personne, d’en être capable ? Mon esprit était résistant. Il était en plein combat entre la réalité et le passé mais mon coeur me disait quelque chose de très différent. Il demandait discrètement (mais pas si discrètement) : “Que ferais-tu si tu avais le droit d’aller bien ?”

Mon coeur a répondu : “Je m’envolerais.”

Si je pouvais me donner la permission à ce moment, je pouvais m’en donner la permission à bien d’autres moments aussi…

3. LA SPIRITUALITÉ EST UNE EXPLORATION DE L’INCONNU

Après avoir observé la mort dans un autre pays, je n’ai pas pu m’empêcher de constater que le monde occidental n’a pas la même vision de la mort que les autres cultures. Nous parlons du fait de partir “pour un monde meilleur” mais nous ne nous comportons pas comme si c’était le cas quand la mort frappe à notre porte, particulièrement quand elle est prématurée. J’étais curieuse et j’ai laissé la curiosité me guider. J’ai commencé à repousser les livres sur le deuil et je me suis intéressée à l’aspect plus spirituel de la mort. Comme j’étais accro à la science à la fac, j’étais plus intéressée par les idées qui ressemblent à des théories spirituelles avec un semblant de fondement scientifique. J’ai échangé mon conseiller de deuil contre un physicien pour comprendre comment les énergies et les vibrations existent dans l’univers. J’ai étudié la loi de l’Attraction, la physique quantique, la psychologie et la physiologie des comportements humains. Je ne suis clairement pas experte dans ces domaines mais j’ai commencé à être fascinée par le fait de comprendre des points de vue qui vont au-delà de “Dieu a un plan. Rien n’arrive par hasard.”

Une fois, j’ai entendu quelqu’un décrire la religion comme une explication de l’inconnu alors que la spiritualité en est une exploration, et j’ai choisi d’explorer. J’ai exploré des théories sur nos âmes et nos esprits qui reviennent sans cesse sur terre avec pour mission de faire évoluer la conscience humaine. Ce qui veut dire que nous ne sommes pas distincts de l’univers, c’est plutôt que nous travaillons tous pour un but plus grand. Je ne peux pas m’empêcher de trouver l’apaisement dans cette théorie. Il y a eu trop de choses “bizarres” juste après la mort de Scott qui ressemblaient à des signes, des symboles, des guides, peut-être même des anges qui me guidaient. Je sais que ça semble un peu fou, mais quand on regarde les choses ainsi, ça aide à rendre la perte moins sévère. Si les âmes sont unies pour l’éternité et qu’elle choisissent de revenir pour des vies humaines pour apprendre des leçons, évoluer, partager des cadeaux, ça ne dure vraiment qu’un instant donc autant le savourer pleinement !

4. ASSUMER SA PROPRE VERITE

Je me suis liée avec une jeune femme environ 10 mois après la mort de Scott. Son mari était aussi mort dans l’escalade du Kili. Nous sommes restées en contact pour nous conseiller, nous soutenir et pour partager des choses que personne d’autre au monde ne pourrait comprendre. Nous avons évoqué l’idée de refaire l’ascension de cette montagne ensemble. Donc quand j’ai reçu un message d’elle pour me dire qu’elle allait refaire l’ascension pour l’anniversaire de la mort de son mari, ma décision a d’un seul coup semblé s’inscrire dans le temps. Je ne pouvais pas imaginer accomplir cette mission déchirante avec quelqu’un d’autre. Quand elle me l’a demandé, je me suis dit : “Eh bien, j’imagine que c’est le monde.” Mais ensuite, j’ai réfléchi profondément et j’ai voulu faire une pause avant d’agir. La question n’est pas de savoir si je pouvais ou non le faire. Je me suis plutôt demandé : “Pourquoi veux-tu faire ça ?”

Ma motivation principale était d’aimer et d’honorer Scott. Il avait rêvé pendant des années d’atteindre le sommet de cette montagne. Je pouvais m’imaginer brandir fièrement le drapeau LYL qui n’était jamais arrivé en haut la dernière fois. Prendre une photo épique. Disperser ses cendres au sommet, son aventure enfin achevée. La catharsis.

Mais est-ce que c’était le seul moyen d’aimer et honorer Scott ? Est-ce qu’il y avait un autre moyen ? Parfois, j’étais convaincue que j’allais le faire. Et ensuite, je doutais de mes intentions. Je me disais : “Sérieusement, est-ce que j’ai vraiment besoin de gravir 5890 mètres pour y arriver ? Pour honorer mon mari, pour me prouver, à moi et aux autres, que nous n’avons pas de limites ?”

L’expérience de ma soeur d’âme est différente mais dans mon cas, je n’ai jamais vraiment voulu gravir ce sommet. Je l’ai fait pour soutenir Scott, son rêve. Je n’y étais pas forcée. Je l’ai pleinement accepté, de tout mon coeur, pour soutenir ses rêves. Et même si j’aurais bien sûr préféré une autre fin, je n’ai vraiment aucun regret. Je suis heureuse d’avoir été à ses côtés pendant qu’il vivait un de ses rêves les plus fous. Mais à ce moment-là, je n’allais pas être poussée à gravir cette montagne. Je crois que le Kilimandjaro ne va pas disparaître tout de suite. Donc je me suis simplement dit que je ne ferais pas l’ascension… pas tout de suite.

Le fait de choisir de ne pas faire l’ascension du Kilimandjaro me paraissait un acte d’amour plus profond, plus pur, pour mon mari. C’était un geste qui disait : “Parce que je t’aime, je choisis de laisser briller la lumière de mon être. Parce que je t’aime, je choisis d’abandonner mes idées de ce qui aurait dû se passer ou de ce qui aurait pu se passer pour pouvoir embrasser pleinement la réalité.” La manière la plus pure d’exprimer son amour pour quelqu’un n’est pas de le donner, c’est de le vivre. Quand on assume pleinement sa vérité, quand on l’embrasse, quand on exprime ce qu’on aime, on ne peut pas s’empêcher de partager cet amour naturellement avec les autres.

5. LE POUVOIR DE L’AMOUR

J’ai cru un jour que mon esprit était capable de rêver grand mais depuis, j’ai compris que rien ne peut s’étendre autant que le coeur. La logique est une limite, mais il faut apprendre à avoir confiance dans les choses qu’on ne peut pas expliquer : les sentiments qu’on ne peut pas peser, pas mesurer, mais qu’on sait vrais. L’esprit est limité à cinq simples sens mais le coeur ne connaît aucune limite. Je crois que l’amour est la langue de l’esprit humain. Mon histoire le montre, il n’a aucune limite et il se manifeste sous différentes formes, il existe en dépit de toutes les conditions extérieures. Nous sommes tous capables d’aimer, avant même que nos esprits ne soient vraiment formés. Nous sommes tous nés pour aimer et pour être aimé. Et quand nous nous débarrassons de tout ce qui nous empêche d’en faire notre langue principale, nous n’avons, par nature, plus de limites.

13 comments

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  • beautifully written and, I needed to hear this today, thank you <3

  • Diane Shultz 21 juin 2019, 2:37 / Répondre

    Bravo!! & yes, Gratitude over Grief..I too needed to hear this today! Sending love & joy??

  • This is beautifully written and poignant . Thank you for sharing your story.

  • This article is pure wisdom, so full of emotion and inspiration. Death is a part of life, losing the ones we love that way is something we all can relate to and we should talk about it more. Everyone grieves in their own way. After the loss of our loved ones, we all need to find a different path for ourselves. I can’t even image how much it hurts to lose your spouse like that, but we can all relate to losing the ones we love and it’s always a struggle. In grieving for person we lost we should also remember that the best way to show our appreciation for them is by choosing gratitude over grief. Chelsea is such an inspiring and brave individual!

  • What a positive way to look at life and a beautiful soul. I’m checking out her website. XO

  • I lost my son August 2017 and I’m struggling still. I hope to feel like this someday but right now I just can’t get past the starting line

  • My heart goes out to you. I wish I could give you a tight hug and sit in silence with you. What is it that you need to get through today? I will pray for that provision.

  • Florence 23 juin 2019, 1:38 / Répondre

    Ce texte me touche profondément. Merci. Je voudrais lire plus de textes comme celui-ci, porteur de sens.

  • WOW! This completely resonated with me and reading it brought a tear to my eye. Not only are you a strong and beautiful person but I do truly believe that one’s perception and viewpoint on how we approach life is what makes it possible to achieve and appreciate what we are capable of. Bravo and thanks for the inspiration!

  • Naydeline 23 juin 2019, 11:06 / Répondre

    I needed to hear this today and everyday. So much wisdom, emotion, and power in this piece. Chelsea, thank you for sharing. My heart is with you!

  • Jorge Alexandre Teixeira 24 juin 2019, 2:44 / Répondre

    Um Forte Abraço de Lisboa, Chelsea !!!

  • Ayse Betul Tekeli 24 juin 2019, 7:02 / Répondre

    Thank you, I watched Scott’s TED Talk and that inspires me a lot. RIP Scott…love.

  • This is exactly how I have come to look at death. Lat year, when my 99 year old dad was leaving our world, he asked me about death and what happens to us. I was inspired to say that we become energy and that we surround our loved ones. I look for him and those close to me that have passed. It didn’t take away the pain but I feel much more accepting and not alone.

    I wish Chelsea much love and peace in her life. It is great to share the wisdom that she has learned in dealing with Soctt’s death.

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