shirley mad here career plastic surgeon garance dore photo

5 years ago by

Ce que j’adore dans nos Career Interviews, c’est que c’est l’occasion de rencontrer des gens avec des histoires et des trajectoires différentes. Parfois, c’est agréable de sortir de l’univers de la mode pour découvrir tous ceux qui jouent différents rôles dans nos vies. J’avais toujours eu envie de discuter avec un médecin parce que je suis super admirative des longues années d’études nécessaires pour en arriver là. Et puis un médecin, c’est aussi quelqu’un à qui on confie son corps ! C’est encore plus vrai pour Shirley (la cousine de Stella Jean !), qui travaille comme chirurgienne esthétique ici, à New York.

Elle a une vision de la beauté et de la chirurgie plastique très différente, qui me parle vraiment…  et son énergie est franchement communicative !

—————————————-

Où as-tu grandi ?
A New York City.
 
C’est ta ville natale ?
Non. Je suis d’une famille d’immigrés. Je suis née à Haïti, mes parents sont de cultures différentes, et ils ont déménagé à NY quand j’avais un an.
 
Quel métier rêvais-tu de faire, petite ?
Plus jeune, je voulais devenir danseuse étoile. J’ai commencé la danse classique quand j’avais six ou huit ans, très jeune, et j’ai continué jusqu’à la fac. Pour moi, depuis toujours, c’était comme une évidence, je danserais sur scène, je serais ballerine. J’y ai consacré beaucoup de temps et d’énergie.
Une fois à la fac, après avoir fait beaucoup de sacrifices pour la danse, je me suis dit : « Oui, j’adore la danse classique, mais intellectuellement, je ne suis pas suffisamment stimulée. » C’est un art merveilleux, un art physique, qui revêt parfois des dimensions psychologiques, mais j’avais besoin d’être davantage stimulée intellectuellement. 

Plus jeune, je voulais devenir danseuse étoile… mais j’avais besoin d’être davantage stimulée intellectuellement. 

 
Comment as-tu pensé à la médecine ?
J’ai essayé de trouver des façons d’associer la danse à une autre activité qui viendrait assouvir ma soif d’apprendre. J’ai essayé plusieurs choses et finalement, comme je m’intéressais au fonctionnement du corps humain, que j’aimais aider les gens, je me suis dit qu’une façon d’allier ces deux passions, ce serait la médecine. Dans les essais que j’ai écrits à la fac, j’ai abordé tout ce qui tournait autour de la discipline nécessaire pour devenir à la fois danseuse et médecin.
 
A mesure que j’avançais dans mes études, je me suis rendu compte que je n’avais pas assez de temps à consacrer à deux cursus qui étaient très exigeants, chronophages et épuisants physiquement. J’ai donc abandonné la danse d’un point de vue professionnel, je l’ai gardée comme loisir. Et je me suis concentrée sur mes études de médecine.
 
Que faisaient tes parents ?
Ma mère était secrétaire, elle a occupé plusieurs postes d’assistante administrative. Mon père est banquier. Et on trouve beaucoup d’ingénieurs dans ma famille. D’ailleurs, je me souviens qu’on avait envisagé la possibilité que je devienne ingénieure. Ma famille m’a prise pour une folle quand j’ai entamé mes études de médecine : les études étaient tellement longues, il fallait tellement d’années avant de pouvoir enfin exercer puis gagner correctement sa vie. Mais j’ai tenu bon.
 
Comment obtient-on son diplôme de médecin ? Tu as commencé tes études à Boston, c’est ça ?
J’ai commencé à Boston University. Ce n’est pas obligatoire, mais j’avais opté pour une double-spécialité et aussi pris Littérature Française comme UV mineure. 
Après les quatre premières années d’études, on s’inscrit en école de médecine, et moi j’ai choisi un cursus qui était à cheval sur Dartmouth et Brown. J’ai partagé mon temps entre Dartmouth, dans le New Hampshire et Brown University pour le clinicat et mes internats. 
 
Une fois que j’ai achevé mes études à Brown, j’ai eu un moment de doute, parce qu’à l’époque, je pensai encore que je ferais quelque chose avec la danse. Et comme j’adore les enfants, je me suis dit que je pourrais travailler en pédiatrie, et danser pour les enfants. Mais après mon stage en pédiatrie, je me suis rendu compte que je n’étais peut-être pas faite pour travailler avec ce type de patients, car les enfants ne peuvent pas toujours exprimer ce qu’ils ressentent. J’imaginais ce dialogue : « – Bonjour, Suzy, ça va ?   – Ouinnnnn…. ». Je trouvais ça vraiment difficile. 
 
Il faut aussi soutenir et aider les membres de la famille affectés par la maladie de leur enfant. J’ai vraiment vécu des moments décisifs : j’ai beaucoup appris sur les gens, mais avant tout sur moi-même. 

Et comme j’adore les enfants, je me suis dit que je pourrais travailler en pédiatrie, et danser pour les enfants.

 
Comment as-tu atterri en chirurgie ?
Une fois que j’ai compris que je n’avais ni les compétences ni la vocation pour la pédiatrie, il était un peu tard pour changer de spécialité… J’ai donc pris une année sabbatique, je me suis retrouvée en décalage complet avec le reste de ma promo. Avant cette année sabbatique, il me restait un stage à faire, en chirurgie, que j’avais évité jusque-là. Je pensais que ce serait facile, les doigts dans le nez, je m’étais dit que je ferais ça le dernier été. 
 
Bien au contraire, ça a été le stage le plus difficile que j’ai eu à faire, pas uniquement à cause des personnalités ou du machisme qui peut régner dans ces univers, mais parce que c’était vraiment hard : je me retrouvais face à des traumatismes, à la mort, au cancer, je me suis pris la vie en pleine face. J’ai eu la chance de tomber sur deux personnes qui m’ont guidée, qui m’ont dit « Oui, c’est dur, c’est difficile, mais tu survivras… tu peux faire tellement pour aider les gens, c’est passionnant, tu verras, c’est tout à fait toi. »
 
J’ai donc choisi la chirurgie, et une fois encore, ça m’a ouvert les yeux. Quand on travaille 120 à 150 h par semaine cinq années d’affilée, on perd de vue ce qui est important, ce qu’on est censé apprendre. J’ai beaucoup appris sur les gens et sur moi-même, certainement pas toujours communiqué et interagi comme il aurait fallu, mais on apprend sur le tas, et on s’ajuste peu à peu.
 
Il y a donc eu cinq ans de chirurgie en filière générale, et je ne me suis pas trop mal débrouillée. On m’a d’ailleurs proposé un poste dans cet hôpital, pour co-diriger le service de traumatologie. C’était passionnant, c’est vraiment là que ça se passe, on joue vraiment un rôle important en sauvant la vie des gens. Mais j’ai aussi réfléchi à ce que je voulais, moi, à ce qui me tenait à cœur : « Qu’est-ce que j’aime vraiment ? Qui suis-je ? Quels sont les principes et les valeurs auxquels j’accorde le plus d’importance ? » Bien sûr, dans mes priorités, il y avait la vie, le bonheur, la soif d’apprendre et tout le reste, mais aussi la beauté.  C’est quelque chose qui m’a toujours attirée : comment créer, même dans les circonstances les plus terribles, comment réussir à trouver le beau dans tout ça ? 
 
Donc je me suis dit : « C’est génial, je suis trop contente qu’on m’offre ce poste, mais ce n’est pas ma passion. » Donc j’ai refusé le poste et j’ai décidé de poursuivre ma formation ! Et comment ? En apprenant autre chose ! C’est à ce moment-là que j’ai postulé pour une place en chirurgie esthétique.
 
Tu avais quel âge ?
J’approchais de la trentaine, je crois. J’ai eu mon bac à 18 ans, puis il y a eu mes quatre premières années de médecine, la cinquième année de master pendant laquelle j’ai pris mon année sabbatique, puis cinq ans de chirurgie générale. Et enfin deux ans de chirurgie esthétique, c’était ma façon d’allier le fond et la forme. L’esthétique en plus de l’aspect médical. 
 
Où as-tu effectué ta formation en chirurgie esthétique ?
Au Montefiore Medical Center, dans le Bronx. A l’issue de ces deux années, je me suis dit : « C’est fantastique, mais il me manque encore quelque chose, je n’ai pas fini. » Je me souviens de m’être dit : « Je suis une femme, j’aime ce qui est beau, j’aimerais vivre entourée de beauté, j’ai envie d’aider les autres à évoluer dans un environnement plus beau, quelle que soit la signification que cela revêt pour eux. Mais je n’ai pas encore l’impression d’en savoir suffisamment pour avoir le privilège d’offrir ça à mes patients. Donc je me suis dit que j’allais continuer à apprendre et poursuivre ma formation en participant à un programme de recherche dans le cadre d’une bourse d’études. 
 
A la fin de ce programme, j’ai suivi une ultime année de formation en chirurgie cosmétique, esthétique et plastique, c’était plus une recherche que j’ai menée de façon indépendante : je trouvais mes propres patients, je préparais les opérations, je m’assurais que les patients étaient prêts à subir une intervention. En fait, tout cela m’a préparée à devenir chirurgien esthétique indépendant, sans que je m’en rende vraiment compte. 
 
Tu as aussi suivi une formation à Paris ?
J’ai été diplômée en 2002, et à cette époque, on ne trouvait quasiment pas de travail dans le domaine de la chirurgie esthétique. En général, la chirurgie plastique, c’est assez élitiste, c’est un milieu assez fermé. Bien sûr, il y a la chirurgie réparatrice : la chirurgie reconstructrice de la main, des becs-de-lièvre, les malformations congénitales, tout ce qui est lié aux changements de sexe… mais à l’époque c’était moins courant, ça devient de plus en plus répandu ! Bref, il n’y avait pas beaucoup d’offres d’emploi à l’époque.
 
J’ai fini par entrer en contact avec un médecin parisien. Une infirmière que je connaissais travaillait pour un autre docteur qui avait pour patiente une top-model qui allait à Paris se faire faire des injections de vitamines… Et j’ai trouvé ça intéressant : les vitamines, les injections, Paris, la beauté, l’amour… c’était mon truc !
 
J’ai fait un stage auprès de ce docteur, il m’a enseigné une des techniques que j’utilise encore dans mon cabinet. Il s’agissait d’injections de vitamines VitaGlow, MesoGlow… bref, du coup, pendant que je me formais à cette technique à Paris, et comme je parle français de par mes origines, on m’a demandé si je pouvais aider à faire une présentation lors d’une conférence, et j’ai accepté. Pendant la conférence, un éditeur qui était dans le public m’a repérée, il est venu me voir pour me demander si je pouvais les aider à traduire des textes comme j’étais bilingue, et ils m’ont proposé de collaborer à l’écriture d’un livre. Bien sûr, j’étais partante !
 
Donc les choses se sont enchaînées d’elles-mêmes, je sais que le hasard n’existe pas, mais je ne m’explique toujours pas comment tout ça est arrivé.  Une fois que je suis rentrée après cette année à l’étranger, je me suis dit que je n’allais pas attendre que quelqu’un, c’est-à-dire un employeur, un hôpital ou un autre docteur valide mon expérience. J’avais beaucoup bossé, et consacré énormément de temps, d’argent et d’énergie à tout ça. J’ai réalisé qu’il fallait que je me lance toute seule, sans vraiment savoir si c’était la bonne décision. 
 
Ma famille était très réticente. Ouvrir son cabinet nécessite beaucoup d’investissements, de l’argent dont je ne pensais pas avoir besoin puisque je m’étais toujours dit que j’aurais un statut d’employée. Mais en rentrant, j’ai su que je n’attendrais pas qu’on m’embauche. J’avais quelque chose à proposer, et même si ça allait être long, il fallait que je prenne le temps de me développer et d’évoluer pour pouvoir un jour offrir ce que j’avais à offrir. Je ne voulais pas attendre que quelqu’un me dise que je travaillais bien et m’embauche. Donc j’ai décidé de me lancer seule…

Mais en rentrant… J’ai réalisé qu’il fallait que je me lance toute seule, sans vraiment savoir si c’était la bonne décision. 

 
Et c’était il y a déjà 11 ans !
Oui, en 2004 – 2005.

Comment as-tu financé tes études ? T’es-tu endettée en faisant des emprunts ? Est-ce que tes parents ont pu t’aider ?
Un peu tout ça, et j’avais aussi un travail à mi-temps pendant mes études. 
 
En tant que chirurgien esthétique, qu’est-ce que la beauté pour toi ?
Franchement, la beauté est partout. Elle n’a pas de forme particulière. Que ce soit toi, moi ou quelqu’un d’autre, on la voit tous différemment.
 
Je pense que la beauté est un sentiment bien particulier qu’on éprouve au fond de soi en posant les yeux sur quelque chose, et qui nous fait ressentir une espèce de bien-être. C’est quelque chose d’éphémère, d’éthéré, c’est parfois surréaliste, on peut utiliser beaucoup de mots, insinuer beaucoup de choses, mais c’est quelque chose qui n’est pas vraiment palpable, même si on peut toucher le visage d’un bébé, et que c’est magnifique. Je crois vraiment qu’une réaction chimique se produit quand on regarde quelque chose de beau dans la nature. Quelque chose de biologique, d’évident, qui vous fait fondre ou vous adoucit, et c’est dans ces moments-là qu’on peut identifier l’essence de la beauté. 
 
Pour moi, c’est quelque chose d’assez profond, même si paradoxalement et ironiquement les gens me disent que la chirurgie esthétique est quelque chose de superficiel. J’ai envie de leur dire qu’au contraire, c’est l’une des expériences les plus profondes qu’ils vivront dans leur vie.

Franchement, la beauté est partout.

A quelle intervention pourrais-tu avoir recours ?
Je n’ai encore rien fait  mais j’envisagerais bien la liposuccion (surtout en ce moment, avec le dernier kilo que j’essaie de perdre !).
 
Tu peux nous parler des différents cas que tu traites dans ton travail ?
Il y a tellement de choses… J’ai beaucoup appris avec mes patients. C’est vraiment l’occasion de s’enrichir mutuellement, je sais que les gens viennent me voir pour mon expertise. Mais je suis persuadée qu’il y a aussi une histoire d’interaction, il y a quelque chose qui nous lie, parfois. Le fait que j’aide les gens à définir une version plus belle d’eux-même, c’est quelque chose de très gratifiant. Je prends ça comme un privilège. Le fait que quelqu’un vienne me voir dans mon cabinet, se montre nu et vulnérable, et confie à une parfaite inconnue qu’il déteste quelque chose chez lui, c’est une expérience très forte. Parfois, il faut être réaliste, il s’agit d’une tumeur, d’un cancer qui va être opéré et il y aura de la chirurgie réparatrice après. 
 
Grâce à tout ce que j’ai appris avec mes patients, ma philosophie a un peu évolué. Les deux premières années, je me suis concentrée sur la chirurgie plastique pure et dure. Mais depuis, j’ai adopté une approche plus globale, même si la chirurgie plastique globale, ça n’existe pas en tant que tel. C’est juste ma façon d’aborder la chirurgie esthétique. Même quand je fais des augmentations ou des réductions mammaires, c’est l’ensemble du corps que j’opère : j’y mets tout mon corps, mon esprit, mon âme. Je me dis que je me dois d’accompagner le mieux possible mes patients à tous ces niveaux, avant et après l’opération.
 
La perfection, ça n’existe pas. Compte tenu de nos imperfections et de ce qui nous est donné au départ, on s’attend à certains résultats, certains rendus, et les gens sont prêts à payer très cher pour ça. Mais parfois, le résultat escompté n’est pas le bon. Et j’ai vraiment dû faire un gros travail sur moi parce que j’ai tendance à prendre les choses trop à cœur. Et durant ma formation en chirurgie, on m’a toujours enseigné de ne pas prendre les choses pour moi.

Je fais des augmentations ou des réductions mammaires, c’est l’ensemble du corps que j’opère : j’y mets tout mon corps, mon esprit, mon âme.

 
C’est intéressant ce que tu dis au sujet de l’imperfection, parce qu’une des grandes idées reçues sur la chirurgie plastique, c’est que les gens cherchent la perfection.
Je trouve qu’il y a beaucoup de beauté dans les imperfections, et que les mots « parfait » et « perfection » sont très connotés. C’est une chose à laquelle on peut aspirer ou qui peut être inspirante, mais ce n’est pas forcément réaliste. On est par exemple presque tous asymétriques, et c’est cette asymétrie, ces petites différences entre le côté droit et le côté gauche qui nous rendent intéressants. Et parmi les choses qui nous rendent intéressants, il peut y avoir cette petite asymétrie qui attire l’attention, qui provoque cette fameuse réaction chimique qui veut dire : « Ah oui, c’est bien ça. ». En tant que chirurgiens esthétiques, on étudie les dimensions, les contours et les chiffres, il y a beaucoup de géométrie et de physique… on étudie la symétrie ! Et notre objectif est de recréer, si elle n’existait pas, une symétrie. Un équilibre, une harmonie, la « beauté ». Sauf que la beauté n’est pas forcément synonyme d’équilibre, d’harmonie et de symétrie. C’est pour ça que c’est si important de pouvoir discuter avec le patient avant l’intervention, qu’il y ait opération ou non, pour connaitre un peu sa définition de la beauté ou ce qui est important à ses yeux. Si une patiente veut des injections de Botox, j’attire son attention sur le fait qu’elle a les sourcils légèrement asymétriques et que le Botox va peut-être recréer une symétrie. Bref, je pense que la quête absolue de la perfection n’est peut-être pas toujours réaliste, et surtout, ne reflète pas forcément le résultat espéré. C’est donc très important de discuter avec le patient.
 
Comment fais-tu lorsque des patients veulent une opération ou recherchent un niveau de perfection avec lesquels tu ne te sens pas à l’aise en tant que médecin ?
Ce sont des choses qui arrivent. J’ai des patients qui viennent avec la photo d’une personne connue alors qu’ils ne lui ressemblent en rien, et ils me réclament une opération qui reproduira telle ou telle caractéristique physique. Dans ce cas, je refuse, avec gentillesse et empathie, je mets les formes. Et si je dis non, c’est que ça me pose problème parce que je ne trouve pas ça réaliste, que ce n’est pas possible d’un point de vue physique ou que la personne a trop de problèmes de santé pour pouvoir se faire opérer, qui plus est pour quelque chose qui n’est pas à proprement parler indispensable. Dernière chose, je suis très lucide avec moi-même. Je sais ce que j’ai appris, je connais mes points forts : il y a des choses que j’adore faire, des choses que je fais très bien et d’autres dont je ne raffole pas. Je sais les faire mais je sais que je n’offrirai pas forcément le meilleur résultat qui soit : dans ces cas-là, je me fais un plaisir de recommander un collègue ou l’un de mes mentors qui sont les rois de telle ou telle intervention, ça ne me pose aucun problème.

Je trouve qu’il y a beaucoup de beauté dans les imperfections, et que les mots « parfait » et « perfection » sont très connotés.

Pourquoi est-ce que le visage de Caitlyn Jenner ressemble étrangement à celui d’autres femmes qui ont eu recours à la chirurgie esthétique ? Elle doit sans doute avoir les meilleurs chirurgiens … Retrouve-t-on des points communs dans l’apparence des gens qui se sont fait opérer ?
Parfois, quand des patients consultent un chirurgien esthétique en vue d’une opération, ils ont des demandes spécifiques, comme le nez d’un tel ou d’une telle. Avant de vouloir les traits de telle ou telle personnalité, il est impératif de savoir que ce qui fonctionne sur un visage ne marchera pas forcément sur le vôtre.  La beauté ne dépend pas toujours d’une seule caractéristique physique, il faut aussi regarder le résultat dans son ensemble…
 
Quels sont les plus grosses différences entre le travail dans un cabinet privé et dans un hôpital ?
Il y a de grosses différences, parfois loin d’être anodines. Une des choses que j’ai apprises pendant mes études, c’est que je tenais à ma liberté. Celle de développer mes propres opinions, mon sens critique, de mettre mes principes à l’épreuve pour faire en sorte que ça marche. 
 
Ce qui me manque le plus du milieu hospitalier, c’est les collègues, le contact. Je regrette aussi toute la structure et la logistique : à l’hôpital, je n’avais pas à me soucier de quoi que ce soit, il y avait toujours suffisamment de seringues, de Botox, etc. Bien sûr, j’ai des assistants qui vérifient tout ça, mais les deux premières années, je travaillais toute seule. 
 
Donc cette stabilité me manque, du point de vue financier aussi. Peu importe combien d’heures je travaillais, j’étais salariée, l’argent tombait toutes les semaines. C’est aussi une chose à laquelle j’ai dû m’habituer, c’est difficile. C’est en gros ce qui me manque le plus. Avec les infirmières, bien sûr. Et les assistants qui étaient aussi médecins.
 
Combien emploies-tu de personnes ?
Entre 1 et 2 en fonction des périodes. En gros, je suis quand même toute seule. Je dirais que j’ai une approche très tournée vers le patient. Je suis en honoraires libres, donc je n’ai pas non plus cinquante patients qui viennent en même temps. Et quand je reçois un patient, je lui donne tout mon temps. Quand je reçois quelqu’un, je suis vraiment là pour lui il en a pour son argent. Mais c’est vrai que ça a un prix, un prix certain.
 
As-tu déjà envisagé de t’associer avec quelqu’un ?
J’ai souvent pensé à m’associer avec quelqu’un, mais j’ai finalement abandonné l’idée pour plusieurs raisons. D’abord, j’aime que les choses soient faites d’une certaine manière, ce serait un peu difficile pour moi d’enseigner et de former quelqu’un. Et puis, au bout de 10 ans, j’essaie encore d’établir ma légitimité en tant que professionnelle qui a une vision un peu différente, plus globale. Donc je ne pense pas être encore en mesure d’offrir le meilleur de mes compétences à un autre médecin. Et ça va aussi à l’encontre de mon approche personnalisée, alors tant que je suis jeune et que j’ai encore suffisamment d’énergie, je préfère tout donner et continuer sur cette voie. Et si un jour je me fatigue, ce qui m’étonnerait… mais bon, si les circonstances changent et que j’ai besoin de passer plus de temps avec ma famille ou sur d’autres projets, je l’envisagerai peut-être à nouveau.
 
Et même si je ne m’associe pas avec un autre médecin, j’envisagerai peut-être une collaboration d’un genre nouveau, peut-être que je m’associerai avec un spécialiste des soins du visage, avec une ligne de soins qui propose une approche globale de la beauté, à la fois intérieure et extérieure, ça me plairait beaucoup. Peut-être que je renouerai avec ma passion pour l’écriture, qui sait ! Donc oui, je sais que je m’associerai avec quelqu’un ou que j’enrichirai mon activité un jour. Comme me le dit une de mes amies, « Tout faire avec une précision divine », c’est un peu devenu ma devise. Donc quand l’occasion se présentera, et je sais qu’elle ne tombera pas du ciel, mais quand le moment sera venu, j’espère que je saurai relever le défi.
 
Comment trouves-tu tes patients ou comment les patients te trouvent-ils ?
Au départ, c’était uniquement par bouche à oreille. Et avant ça, j’appelais mes copines et je leur disais : « Au fait, je viens d’apprendre à injecter du Botox. Tu veux essayer? »  Ou alors : « J’ai appris cette nouvelle technique à Paris, ça t’intéresse ? »  Donc je remercie mon cercle d’amies qui m’a permis de me faire la main. Ça a vraiment commencé comme ça, puis elles en ont parlé autour d’elles : « Shirley a développé une nouvelle technique, ça marche vraiment bien. »
Ensuite, j’ai eu la chance de partager mon cabinet avec une gynécologue à Soho, elle me faisait suffisamment confiance pour m’envoyer des patients. Ma patientèle a commencé à grossir.

J’ai grandi avec des parents qui ne croyaient pas aux cachets, aux médicaments. Ils pensaient que le corps était capable de guérir tout seul, et que s’il avait besoin d’aide, il lui allait quelque chose de naturel…

 
Tes origines multi-ethniques ont-elles contribué à forger ta philosophie ?
Oui, mon éducation a joué un rôle important. J’ai grandi avec des parents qui ne croyaient pas aux cachets, aux médicaments. Ils pensaient que le corps était capable de guérir tout seul, et que s’il avait besoin d’aide, il lui allait quelque chose de naturel, comme de l’ail, du clou de girofle ou même parfois du rhum. Comme je suis aussi de culture française, ma famille était à fond dans l’homéopathie. Donc tout ça a contribué à forger ma philosophie.
 
J’ai aussi été élevée dans l’idée que la nourriture sert à se sustenter. Mais la nourriture peut aussi guérir ou rendre malade. La nutrition est très présente dans mon métier.
 
L’autre aspect de ma culture et de mon éducation qui a beaucoup influencé ma façon de travailler et ma philosophie, c’est le concept de la beauté. Moi et ma famille, on est le fruit de nombreux métissages, je ne sais même pas quel nom donner à ce mélange d’origines. Lors de nos réunions de famille, que ce soit à Noël ou Thanksgiving, il y avait toutes les couleurs de peau possibles autour de la table. Des blonds aux yeux verts, ou des peaux mates aux yeux bleus, comme mon grand-père. Donc pour moi, il n’y a jamais eu un seul type de beauté, et le concept de beauté est toujours allé bien au-delà de l’apparence physique. Si une personne était belle mais désagréable, on ne la considérait plus comme étant belle. J’ai grandi avec ces principes, ça fait partie de ma philosophie. En tant que chirurgien esthétique, je peux vous aider à améliorer votre apparence, mais si vous n’êtes pas joli-joli à l’intérieur, je ne pourrai pas grand-chose pour vous. Je ne peux pas tout faire, c’est pour ça que je privilégie toujours une approche collaborative avec mes patients. J’ai une spécialité, je sais certaines choses, je peux vous aider, mais il faut que vous m’aidiez aussi. Il faut que vous adhériez à ce que je dis, que vous me suiviez, que vous me parliez, que vous communiquiez. Créons quelque chose de beau ensemble.
 
Une journée-type pour toi ?
Quand je reste au cabinet, je ne sais pas qui je vais voir. Je jette un œil sur le planning le matin-même ou la veille. J’évalue un peu la situation, je m’assure qu’on se sent bien, que tout est en ordre, et je me prépare pour mon patient et l’intervention envisagée. Mon assistante arrive avant moi et je lui demande ce qui est prévu. Je me prépare en fonction des interventions, mais je reste assez ouverte. A chaque nouveau patient, je fais table rase, je repars à zéro. Quand je reste au cabinet, j’essaie d’aller courir le matin. Je prends un petit-déjeuner léger, en général du thé et parfois un fruit. Je reçois des patients toute la journée. J’essaie de finir à une heure raisonnable pour pouvoir aller à un cours de yoga à Tribeca. Ça permet vraiment de se sentir régénérée. Après le yoga, à 20 h 30 ou à 22 h 30 en fonction du cours que j’ai choisi, je rentre à la maison. Là, on discute de notre journée avec mon fiancé. Ensuite, je m’endors, je me réveille, et voilà, c’est une nouvelle journée.
 
Si c’est un jour où j’opère, je me réveille très tôt, car au bloc, on commence tôt. Je me lève à 6 h ou 7 h 30. Ces matins-là, j’essaie de me concentrer sur l’intervention, je ne reçois pas de patients. J’ai des jours au bloc et des jours au cabinet. J’en profite pour faire du sport, je vais courir, je fais du yoga, j’essaie de faire de la méditation, ce que je n’arrive pas à faire tous les jours. Et sinon, je prends mon temps : je vais à l’hôpital, je rencontre mes patients, j’accueille leur famille, je réponds aux dernières questions, puis je prépare le patient. J’arrive dans la salle d’opération, je suis chaleureuse, je prends des nouvelles de l’équipe. J’essaie de faire en sorte que ce soit une journée qui se déroule bien, avec plein d’énergie positive, et je fais de mon mieux.
 
Ce que tu préfères dans ton travail ?
Ce que je préfère, c’est l’interaction avec les autres, découvrir qui sont les gens, ce qui les motive, comment je peux les aider à se sentir plus forts. La beauté rend plus fort.

La beauté rend plus fort.

 
Ce que tu trouves le plus difficile dans ton travail ?
La même chose que ce que j’adore : les gens, ils peuvent être un vrai défi. Mais parfois quand je trouve les gens difficiles, c’est qu’ils me mettent en difficulté. Mes échecs avec les gens me poussent à me dépasser. Si quelque chose ne se passe pas comme prévu, c’est parce que je n’ai pas su répondre à leurs attentes. Les attentes, c’est quelque chose de très fort. Si vous voulez quelque chose et que je ne le sens pas mais que je réponds : « Oui, c’est possible », ce n’est pas possible, il faut dire non et pourquoi.  Ce ne sont pas vraiment les gens eux-mêmes qui sont difficiles. Je sais qu’il y en a, mais ce qui est le plus frustrant, ce sont les gens qui me renvoient à moi-même, parce que je n’ai pas su anticiper une situation. Et je n’aime pas ça. Mais c’est un cheminement, un travail.
 
Dirais-tu que tu as des mentors ?
J’en ai plusieurs, des collègues. Il y a deux-trois chirurgiennes plastiques à qui j’aime bien demander des conseils. Il y a aussi celui qui dirigeait mon programme de recherche, Donald Woodsman, il est vraiment incroyable. Et j’ai des mentors à tous les niveaux, et dans d’autres domaines.
Ces mentors m’enseignent des choses, me guident et ils m’inspirent. Ma mère m’a toujours dit… Elle utilise une expression française « Tirée à quatre épingles »… toujours être impeccable et sûre de soi, même quand on n’a pas forcément le moral. Donner le meilleur de soi aux autres. Et ça, je le dois à ma mère. Comme le fait de prendre des risques, et de ne pas toujours aller où on attend que j’aille. Mon père est un banquier, qui de façon très pragmatique m’a dit : « Ma chérie, tu ne connais rien à l’argent, comment comptes-tu ouvrir ton cabinet ? » Donc ça m’a encouragée à prendre des cours de business, quand je pouvais. Mon parcours a toujours été ponctué de mentors, de guides, d’anges gardiens, de sources d’inspiration… appelez ça comme vous voudrez… et ça continue. J’espère qu’ils seront toujours là !
 
Le meilleur conseil qu’on t’ait donné ?
De rester fidèle à moi-même. De se respecter, de respecter ce qu’on est. Je n’ai pas toujours été très respectueuse envers moi-même, mais je fais plus attention à moi : je mange sainement, j’essaie de faire du sport, j’essaie de dégager quelque chose, d’incarner la personne avec qui j’aimerais être. Impossible de vivre sans ces valeurs. Rester fidèle à soi-même, authentique, c’est tout. Ne pas se trahir.

De rester fidèle à moi-même. De se respecter, de respecter ce qu’on est.

 
Ton conseil à quelqu’un qui envisage d’avoir recours à la chirurgie esthétique ?
Réfléchissez bien à vos motivations, essayez de prendre une décision seul/e et non pas sous des influences extérieures. Etre en accord avec soi-même, c’est le plus important. Si vous l’êtes, vous êtes déjà sur la bonne voie.
 
Et tes conseils à ceux qui voudraient se lancer dans le métier de chirurgien plastique ?
Bien sûr ! Allez-y ! C’est fabuleux ! Enfin, la plastique c’est fantastique si vous l’envisagez comme un tout : la chirurgie plastique d’accord, mais la beauté avant tout ! Et le bien-être. Grâce à la chirurgie esthétique. C’est ma philosophie. J’adore la chirurgie esthétique mais plus que ça, j’aime la beauté.
 
Tes rêves pour l’avenir ?
J’en ai quelques-uns. Continuer à développer mon cabinet, parce j’aime beaucoup ma philosophie et j’aimerais la généraliser. Elle est globale, cohérente : la chirurgie esthétique, la beauté, le bien-être. J’aimerais continuer dans cette voie, et peut-être jouer un rôle au niveau international, ce sera sans doute quelque chose de plus important et de plus profound que la chirurgie esthétique elle-même. 

L’autre objectif professionnel que j’ai, c’est d’écrire un livre. Pas forcément sur la chirurgie esthétique, je ne sais pas encore… quelque chose de plus global, sur la beauté, le bien-être… Et sinon, j’ai aussi envie de créer une ligne de produits. Pas forcément des soins pour la peau – je connais beaucoup de dermatos et de chirurgiens esthétiques qui le font – mais quelque chose qui jouerait sur l’extérieur et l’intérieur, peut-être un sérum et des compléments, une association de produits. Je sais que c’est très répandu en Europe et en Asie, et qu’on commence à s’y mettre ici… faire quelque chose autour de l’ADN, avec des prélèvements, ou juste prendre un ongle qui serait analysé par mon labo et qui pourrait vous dire ce dont vous manquez, quelque chose comme ça ! Ça se fait déjà et c’est passionnant. Je me verrais bien là-dedans, j’adorerais ça.

J’aimerais continuer dans cette voie, et peut-être jouer un rôle au niveau international…

37 comments

Ajouter le votre
  • Teissier du Cros 4 septembre 2015, 9:28 / Répondre

    L’une des interviews les plus intéressantes et pertinentes du blog. Merci.

  • Tout à fait d’accord ! Cette interview est profonde, instructive et passionnante !

  • such a great interview. I love that you find these amazing successful women, it’s really inspiring

    http://hashtagliz.com

  • I love her definition of beauty. Thank you for such a thorough and thought provoking post, Garance!

    Analog House
    http://theanaloghouse.blogspot.com/

  • Une longue et belle interview! C’est rare les femmes chirurgiens plastiques et ça rend ses propos encore plus intéressants! Fait-elle, comme certains chirurgiens, des opérations gratuitement pour des personnes (femmes) n’ayant pas les moyens de les payer?

  • Great reading this interview! She is such an inspiration for us!
    http://fashion-soup.com/

  • I love those interviews, thank you!

  • I loved reading about someone older than most people you interview here, who’s worked really hard, and for many years, to achieve what she has now. It’s very realistic and true… very inspiring. Very few of us achieve incredible careers in the blink of an eye (especially in scientific fields such as medicine – it would be impossible). Sometimes it’s disheartening to read about ‘rising stars’, people in their early 20s-30s who seem to already have it all. And then what?
    A career takes work and time. It’s nice to keep that in mind when you’re in your early thirties and sometimes getting frustrated with the pace of your career!

  • Nini Piccola 4 septembre 2015, 11:28 / Répondre

    Thank you for such a detailed, interesting article!

  • Merci, une interview passionnante et une personnalité unique et enrichissante !
    « En tant que chirurgiens esthétiques, on étudie les dimensions, les contours et les chiffres, il y a beaucoup de géométrie et de physique… on étudie la symétrie ! Et notre objectif est de recréer, si elle n’existait pas, une symétrie. Un équilibre, une harmonie, la « beauté ». Sauf que la beauté n’est pas forcément synonyme d’équilibre, d’harmonie et de symétrie »
    => c’est exactement ce que je crains avec la chirurgie esthétique : la symétrie absolue qui rend les gens passés sous ce type de bistouri complètement irréels et artificiels, uniformes, comme une armée de gens identiques. Ca me fait peur cette volonté d’être tous pareils tout en disant le contraire.
    Je crains aussi l’oeil du chirurgien qui souhaite appliquer sa propre vision de la beauté à son patient : il Faut faire ci, il FAUT faire ça, et forcément de cette manière là. Je ne pense pas qu’il y ait une seule vision de la beauté.
    J’ai l’impression que Shirley est comme ça, si c’est vrai je n’aurais pas peur d’aller la voir (translatée en Suisse car je suis loin de NY) et me sentirais en confiance pour gérer le vieillissement sans perdre ma personnalité.
    Pour moi les personnalités d’Hollywood ou de type Kardashian sont toutes similaires et ont toutes perdues leur identité, leur unicité, leur personnalité, leur force de vie. Je ne critique pas l’amélioration de soi et j’y pense pour moi (aaah vieillir, les rides, le visage qui va s’affaisser etc), mais la manière unique de le faire (le petit nez retroussé, les grosses lèvres, les pommettes fortes, le petit derrière, les gros seins, bref absolument tout le monde devient Barbie, même Jenner).

  • Christine Mason 4 septembre 2015, 11:36 / Répondre

    What an amazing woman AND doctor. Fabulous interview, thank you Emily.

  • Wow …En plus d’être belle, cette femme est super brillante et fine!
    C’est certainement l’une des meilleures ‘Interwiew/Career’ que j’ai lu.
    Bravo Emily ;)

  • This is the best thing I have read all year. So wonderful to experience the twists and turns of her life- that is truly how things happen, and why you know it is impossible to tell young people « Just do x, and x, and then you will end up doing x » There is so much more and you change anyway as you mature.

    Wonderful to read about a physician who understands that she is dealing with the whole body- many seem to see things as an isolated « case » without taking the time to look at and talk to the patient ( And I understand it is not always the fault of the physician, sometimes they are so restricted by insurance requirements, etc for their time)

    Thank you for this insightful interview.

  • Terrific interview. Very inspiring and refreshing…beauty comes in all forms and from many directions…thanks for offering a unique perspective (yes…different from the usual model/designer/fashion industry subject). Hope to read similar posts in the future. Thanks!

  • So inspiring! Love reading about career women and the paths they take.Thank you for this series!

    -TwentyinLA.Com

  • Geeeez what a woman. Thank you so much for this interview. Inspiring and empowering!

  • La beauté est partout. Elle a tellement raison !

  • Entrevue très intéressante et pertinente, et vivement de voir une autre Haïtienne sur le blog, j’adore!!

  • Super intéressant, merci !

  • This is a fantastic interview! I loved how she scoffs at cosmetic surgery being superficial! I agree, beauty is everything- especially when beauty is all around us and makes us feel good!!

    (=’.’=)
    -Lauren
    adorn la femme

  • Vraiment intéressant cet article. C’est super d’avoir une autre vision de l’esthétisme autre que celui des gens de la mode en interviewant ce médecin.

    http://www.thepersonalcopy.blogspot.com

  • Fantastic interview and great person. I wish to be able to meet such a wonderful plastic surgeon like her in the future

  • Humanness is asymmetry. Perfection is for the devine (which don´t exist, by the way).

  • Parcours impressionnant!

  • « je me retrouvais face à des traumatismes, à la mort, au cancer, je me suis pris la vie en pleine face. »
    Fascinante entrevue. Je suis votre blog depuis des années, et je me prends souvent à rêvasser en lisant les entrevues Carrières sur ce que pourrait être ma vie si j’avais fait des choix différents, si j’avais laissé mon côté artistique triompher sur mes intérêts scientifiques. Et aujourd’hui, après une semaine éprouvante, je trouve cette petite phrase qui me rappelle pourquoi, jour après jour, je m’accroche à mon choix de formation en chirurgie générale.
    Merci, Shirley & Emily.

  • Wow. What a great interview. I clicked on this post not expecting much, but instead I stayed for the whole thing and read it in detail. So interesting – and very inspiring – thank you for taking the time to put this on the internet. xo

    One last thing – I have a blog – http://www.bymybedside.com
    I would really appreciate it if you checked it out, you’re an absolute GEM for doing so :) xxx
    (I’ll even give you an invisible gift hehehehe)

  • WOW! quelle femme! Merci de nous l’avoir présentée dans un interview très complet. J’aime son histoire, sa philosophie de la beauté et de la vie. Sa richesse culturelle et intellectuel est inspirante. Je la trouve très émouvante. Elle semble avoir, aussi, un super style! A quand sa fashion story?

  • I was glued to this interview…wonderful words, interesting incredible thoughts, thanks so much for sharing her truth x

  • Such an interesting interview!

  • C’était une interview très intéressante. Son parcours et sa manière d’aborder sa carrière sont vraiment enrichissants, et surtout dans le domaine de la chirurgie esthétique. je dois dire que je continue de m’en méfier, et c’est pourquoi je trouve vraiment bien de lire quelqu’un qui travaille dedans et qui est passionnée. Mais j’ai l’impression que l’approche de la chirurgie esthétique est un peu différente en Europe (en tout cas en Belgique) et aux US, non? Ici je connais très peu de femmes (ou d’hommes) qui en parlent librement…

  • What a wonderful read!!! Firstly, a very interesting and inspiring woman, and secondly, a very thorough and well thought out interview. I’ve enjoyed reading about her origins , her multiple talents and her thought processes as her career has progressed, and about her attitude to beauty.
    And as a paediatrician myself, the working with children from newborn prematures to adolescents and never losing sight of their place in a family and a society is one of the big challenges and sources of beauty in my work, so it’s interesting to hear of someone else recognising that and choosing something else. I definitely found the ego’s and personalities of most surgical departments not to be something I chose to encounter every day :).

  • J ai lu avec plaisir cette interview . Le choix d une haïtienne en lien avec Stella jean a éveillé ma curiosité … Comment l as tu rencontrer ?
    J ai 53ans, je suis ton blog depuis un certain nombre d année .je m évade , je rêve et je découvre . Merci

  • I am blown away by the years of study and training! What a commitment and also bravery for stepping back and looking at what she really wanted.
    Loved this, and especially loved her holistic approach to beauty. Viva la beauty inside and out! x

  • Whowwwww…
    Quel article incroyable!
    La fraicheur et l’intensité…
    Etant aussi en libéral, c’est le genre d’interview qui regonfle les ailes.
    Merci Emily.

    Catherine

  • Such a wonderful piece on my friend, the beautiful Dr. Shirley Madhere. The woman delights me every time I see her. Reading her detailed journey, with many things I didn’t know, has endeared her even more to me.
    We share being Aries, and rocking (building) our businesses in NYC, on our own, with dedication to beauty and truth.
    Go Dr. Shirley! How much more do I love you NOW!!! xoxo Jade

  • It is refreshing to read this interview on someone who works in the same field as I am. I was starting to loose interest in the content of this site in the last year but I am glad that this has caught my attention again.

  • Super interview, complète et intéressante ! La vision de la beauté ici est très pertinente, ça donne beaucoup à réfléchir.

From the Archives

Holiday Gifting
  • Holiday Gifting
  • DORÉ x THE OUTNET
  • This or That
  • Happy Holidays!
  • #AtelierDoréDoes
  • How To...
Hill City

Hill City

Deb Watson’s Guide to Giving

Deb Watson’s Guide to Giving

The Gift of Giving Gifts

The Gift of Giving Gifts

lessons in gifting steven alan presents expert series garance dore photos

Lessons In… Gifting