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How to Build a Brand Your Own Way: Grace Bonney + Anna Bond

4 years ago by

Je suis super heureuse de vous présenter Grace Bonney et Anna Bond, même si je suis sûre que vous les connaissez déjà. Grace est à l’origine du site Design Sponge et vient juste de sortir un livre aussi beau que passionnant, In the Company of Women, dans lequel elle parle de femmes-entrepreneures du monde entier. Anna, c’est la géniale directrice artistique et fondatrice de Rifle Paper Co., nos fournisseurs de papèterie préférés. Anna est bien sûr dans le livre de Grace, donc je me suis dit que ce serait l’occasion idéale pour discuter avec deux super businesswomans de la façon de bâtir sa marque à sa manière. Cette conversation est pleine de pépites, de sincérité, de leçons et de moments drôles… écoutez-la !

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Comprendre la nécessité de construire sa propre identité…
GRACE: J’ai écrit pour House & Garden (Maison et Jardins), qui a mis la clé sous la porte, puis pour Domino, qui a aussi cessé de paraître. Je me sentais coupable. Je suis allée à un entretien pour Blueprint Magazine, le magazine de Martha Stewart, sans suite. Je me suis dit que je ne devais pas correspondre, puis j’ai vu qu’en l’espace de 2 jours, le magazine avait lui aussi fermé ! Passé un petit moment de tristesse, je me suis rendu compte que les beaux jours du print étaient révolus. C’était pourtant un univers qui avait l’air tellement solide ! Toutes les « Conde-Nistas » en escarpins avec leurs salaires qui tombaient à la fin du mois et leur couverture santé, tous ces avantages qui m’avaient tant attirée… C’est là que j’ai réalisé qu’il allait falloir que je me débrouille toute seule.

Trouver sa voie en tant qu’entrepreneure…
ANNA: A l’école, j’étais quelqu’un de réservé… je plaisante toujours en disant que je suis la dernière personne qu’on aurait imaginée avoir du succès un jour. Ça ne serait venu à l’idée de personne ! Et ça me fait rire, parce que c’est quelque chose que je n’avais pas vu venir mais qui était bien là, et que j’ai développé à ma façon. Quand on imagine des entrepreneurs, on voit des gens audacieux, très charismatiques, mais je crois que c’est aussi ouvert à des gens qui ont mon type de personnalité, et c’était très intéressant à découvrir.

La femme dont parle le livre…
GRACE: Il y a eu une époque où les femmes étaient juste des accessoires, de belles choses, le porte-étendard du style. Même dans les magazines orientés business, on retrouve toujours cette approche « power bitch » à la sacrée carrure, des nanas hyper sexy à leur bureau… et si vous êtes comme ça, très bien, mais la plupart des femmes chefs d’entreprise que je connais ne sont pas comme ça. J’avais envie de donner la parole à des femmes déterminées, solides, mais à leur manière.

Les femmes qu’elle a sélectionnées pour son nouveau livre…
GRACE: ça a commencé par un post-it collé sur mon ordinateur qui disait « des femmes qui osent ». J’avais en tête une liste de six personnes, des relations dont j’avais entendu parler par des femmes que j’admire parce qu’elles restent elles-mêmes , n’ont pas peur de dire ce qu’elles pensent, d’avoir un avis tranché, que ce soit dans leur apparence ou dans leur façon de parler, et c’est quelque chose que je cherchais de plus en plus. De manière générale, on avait tellement tendance à chanter les louanges de ces femmes douces et discrètes – et je n’ai rien contre, ça existe –, mais ce n’était pas ce n’est pas vraiment ce qui me stimule. Donc j’ai élargi la liste à d’autres femmes que j’admirais sans les connaître. En gros, je suis allée sur Facebook et j’ai carrément demandé si quelqu’un connaissait Carrie Brownstein ou Thelma Golden. Et par des amies d’amies d’amies, j’ai commencé à les contacter. Ça a été un travail collectif.

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Trouver sa voix en tant que boss…
ANNA: C’est l’une des plus grosses difficultés. Au départ, j’avais envie de créer des choses pour moi. Mais en fait, c’est beaucoup plus compliqué que ça. Au départ, Rifle, c’était vraiment moi, j’étais la seule à donner son feu vert ou à mettre un véto, alors que maintenant, je travaille pour la marque au même titre que tous les autres employés. Je continue à donner une orientation, mais je suis obligée de prendre du recul et de m’interroger pour savoir si je fais telle ou telle chose pour Rifle ou pour moi. C’est un cheminement très intéressant.

Accepter le défi que représente une entreprise à diriger…
GRACE: Je crois qu’on a le droit d’avoir des hauts et des bas. J’ai interviewé plus de 100 femmes pour le livre, et le point commun auquel je ne m’attendais pas, c’est qu’elles m’ont toutes dit avoir accepté que leur entreprise passe par des phases où tout allait super bien et des phases plus critiques et délicates à gérer. Mais c’était quelque chose qu’elles assumaient, ça fait partie de l’aventure. A mesure qu’on grossit, on est confronté à de nouveaux problèmes et défis, on y fait face, on continue à se développer, jusqu’aux difficultés suivantes et ainsi de suite.

Développer un business loin de NY…
ANNA: Souvent, sur les salons, les gens partaient du principe qu’on venait de NY et étaient étonnés quand on leur disait qu’on était basés en Floride. C’était presque caricatural de voir à quel point les gens imaginent qu’une entreprise qui marche est forcément basée à NY. Ils n’arrivent pas à intégrer le fait qu’on puisse monter une entreprise sympa qui ne soit ni à NY ni à LA. Et c’est un aspect que je trouve très amusant et stimulant. Ça coûte bien moins cher d’avoir une entreprise en Floride et c’est aussi plus facile d’embaucher des gens rapidement ici.

Gérer les commentaires négatifs des lecteurs…
GRACE: Le truc qui me hérisse au plus haut point, quand je décide de défendre une maison ou mon point de vue dans les commentaires (ce qui n’arrive pas souvent), c’est que souvent, les gens se manifestent en disant : « Taisez-vous ! Vous n’avez rien à faire ici, c’est notre espace de commentaires. Premier amendement, blablabla. » Du coup, je réagis tout de suite : « ici, c’est moi qui paie les factures, j’ai tout à fait le droit de m’exprimer et je ne viole en rien votre liberté d’expression ! »

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How to Build a Brand Your Own Way: Grace Bonney + Anna Bond

Faire son coming-out sur son site…
GRACE: J’en suis arrivée à un point où ne pas parler de ma vie personnelle, dans les limites du raisonnable, me semblait bizarre. Pendant un temps, je me suis retenue, et c’était désagréable. J’avais l’impression de cacher quelque chose à mes lecteurs, une partie de moi-même. Donc je me suis dévoilée avec beaucoup d’émotion. Je ne gagne pas des fortunes avec mon site, ce n’est pas un truc hyper connu. J’y mets de la passion, de la sincérité, de l’authenticité autant que possible. A un moment donné, je ne me sentais plus en phase avec ces valeurs. Il fallait que quelque chose change, que ce soit à nouveau un plaisir de partager sur cette plateforme, et c’est passé par mon coming-out. Ensuite, je suis passée à autre chose. Ça a été l’histoire d’une semaine, et la semaine d’après, on parlait à nouveau maisons, et c’est très bien comme ça. »

A propos de l’idée « On ne peut pas devenir ce qu’on ne connaît pas »…
GRACE: A un moment, je me suis mise à penser à toutes ces petites filles de couleur, je me suis demandé si elles avaient accès à des exemples de design, de déco d’intérieur, de créateurs avec qui elles puissent s’identifier. J’ai commencé à faire une liste de gens que j’avais envie de pouvoir retrouver dans ce livre, dont je voulais qu’il soit aussi le reflet, ça passait par toute une mosaïque d’origines, d’âges, de religions, de phases de carrière, et je voulais aussi par exemple parler de ces femmes qui continuent à exercer à mi-temps tout en dirigeant leur boîte. Ce sont tous ces aspects qui ont rendu le livre aussi important à mes yeux, je voulais que n’importe qui puisse prendre ce livre et s’identifier à certaines personnalités.

Accepter l’imperfection comme un état de fait…
GRACE: Dans ce livre, personne n’est parfait. Tout le monde est imparfait, tout le monde l’accepte. Souvent quand on pense à des gens qu’on admire, on a tendance à les mettre sur un piédestal, genre, ça y est elles ont réussi, c’est bon, elles n’ont plus de problème ! J’adore Eileen Fisher, et c’est quelqu’un qui dit souvent qu’elle continue à ajuster des choses, à s’interroger… Et ça m’impressionne toujours : « On peut avoir autant de succès et encore plein de questions sans réponses ? » Et du coup, j’assume beaucoup plus d’avoir des doutes et des hésitations.

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Un grand merci au The Standard East Village. Les dates de la tournée de dédicace de Grace sont ci-dessous et vous trouverez toutes les infos sur les réservations ici.
13 oct. : Atlanta / 16 oct. : Chicago / 17 oct. : L.A. / 18 oct. : Seattle / 22 oct. : Rhinecliff, NY / 25 oct. : Washington, D.C. / 27 oct. : San Francisco / 28 oct. : Marin, CA / 10 oct. : Philadelphie
Et pour ne rater aucun Pardon My French, abonnez-vous sur iTunes et retrouvez Garance tous les jeudis !

 

19 comments

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  • Intervieuw interéssante.
    Ce que je remarque chez toi Garance, c’est que tu recommences à faire des chignons…c’est ce qui arrive quand on laisse repousser ses cheveux…

  • Garance, tu dis que c’est incroyable que les lecteurs qui te lisent depuis le début t’aient suivie tout ce temps, car tu te sens comme une personne différente de celle que tu étais.

    C’est aussi vrai pour moi, qui te suis depuis le début :-) Et ça me fait du bien de voir que je ne suis pas la seule à changer, de voir que nous avons tous nos phases, nos moments qui nous font grandir, réagir, prendre du recul.

    Je trouve impressionnant que les lecteurs aient apparemment un peu de peine à s’adapter – pas tous évidemment – aux changements sur un blog, un site web, une marque, etc. Je trouve au contraire positif, cela nous force aussi à repenser notre propre manière d’envisager les choses, de nous demander s’il ne serait pas temps de suivre son temps, etc.

    Le plus drôle, c’est de revoir des archives de sites web, d’articles, de photos d’il y a 4 ou 5 ans. Dans le moment, tout le monde est persuadé que c’est LA vérité, mais l’épreuve du temps démontre que s’adapter est une tâche quotidienne que l’on fait tous, consciemment ou non.

    Merci pour cette belle interview !

  • Such an inspiring story, especially for someone like myself, who’s trying to learn and build their own site!

    Lena
    http://zoyaandme.com/

  • What a wonderfully intelligent interview!
    Two things are very similar between this site and DesignSponge:
    –Original content (not just a bunch of links and copies of other people’s work)
    –A focus on individual creators and their stories.
    Bravo to all of you!

  • I loved this Pardon my French! Very inspirational to hear women who share their own business experience and help for girls empowerment.

  • Très belle interview et très intéressante !

  • Inspiring, thought-provoking and funny interview.
    Please more of this!

  • Thank you for this, inspiring and fascinating. I’ve found myself in a job that feels soulless and I’m just plucking up the courage to be brave and do something new, this has really helped me realise I don’t have to be super perfect at it but be true to myself and vision. So lifting to hear such honesty. Thank you! Katie x (England)

  • A few women I admire and am inspired by the most. What a wild week of coincidence. It seems like all the women I follow and admire are getting together and talking. Thank goodness I can listen in and be a part of it-I wish I could literally be there and have dinner up at Grace’s. I have been following the two of you for close to a decade and how we all have grown and blossomed…

  • Loved this episode. I really wanted to know what you all think about copycats so it’s great you covered that, particularly Anna. I’ve seen so many Etsy shops trying to BE Anna and it bothers me.. so I’ve wondered how Anna feels about it.
    Keep up the great work.

  • Super interview, hyper riche et intéressante!

  • Stephanie Wu 15 octobre 2016, 2:18 / Répondre

    So interesting. Plus, as a seamstress it was a delightful surprise to learn more about the designer of the gorgeous Rifle fabrics on this blog!
    Thank you for the in depth interviews.

  • Claere Kay 17 octobre 2016, 6:02 / Répondre

    This podcast was THE BEST EVER. Thankyou! Well except for Linda Rodin which was the best ever too. Loved them both :)

  • Really really inspiring conversation, you ladies rock !

  • I love stories about female entrepreneurship. It is so refreshing to see intelligent women thriving, who feel compelled to take the time to be a source of inspiration to others by sharing their journeys and providing resources to help others succeed. We need to see more women elevating their counterparts. Bravo!

  • this was my absolute favorite episode yet of PMF. « You can’t be what you can’t see » was such a deeply, personally touching moment for me. It means so much to hear about women that inspire me who, like me, are also gay. I immediately bought Grace’s book (and Julia’s, and I already own yours of course)! And also immediately went straight to your site and searched lesbian and gay because I want to know so much more about your story.

  • I loved this episode, have listened to it three times in a row. When I was in college we had a course in how to be an entrepreneur and my take from that was that I never wanted to be one. Not in that venture capital kind of way. But I have always done frelance gigs on the side and never even thought about it as another way to start something. And listening to this episode made me realze that there is a way for me to combine all the things I want to do. Thank you so much!! <3 <3 <3

  • I was in art class while listening to this episode. I had to hold back tears when Grace talked about « you can’t be what you can’t see. » I’ve always felt marginalized by my race and religion and it is difficult for me to see how I can make it in the fashion industry because I have no one to relate to. For Grace to be self-reflective and admit that she was contributing to a problem, it is truly humbling and inspiring. It is hopeful to see that there are more people like her who active in making empowering changes for women. And because of what you and Grace shared, I feel hopeful that someone like me (Filipino-American and Mormon) can succeed. Thank you for this podcast. Now I need to stop listening to it so I can stop crying!

  • Louise Hvidegaard 16 septembre 2017, 11:59 / Répondre

    Hi! Love love love your podcasts, but can’t seem to find the first 4 podcasts (this one, the one with gwyneth, for the love of books and phillip lim) in the podcast app or in itunes. Is it only me having this problem?
    Thanks for great conversations

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