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In The Studio with Caroline Hurley

4 years ago by

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Erik Melvin

Caroline Hurley incarne une forme de créativité aussi pure qu’authentique. Sa marque de textiles, basée à Brooklyn vise un objectif tout simple : créer de beaux tissus pour votre intérieur.

Au-delà de ses créations colorées et artisanales, elle s’est fixé deux priorités : bâtir une communauté en travaillant avec de petits artisans, et créer des collections qui s’inspirent à chaque fois d’un voyage.

Elle nous a chaleureusement accueillis dans son atelier de Greenpoint : l’occasion de comprendre ce que signifie vraiment l’expression « se salir les mains », de discuter de la vie, du travail, et de la façon dont on trouve le juste équilibre entre les deux.

caroline z hurley garance dore photo

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Comment est venue cette idée de marque de textiles déco ?
J’ai toujours eu l’âme d’une entrepreneuse mais la création de la marque n’est venue que beaucoup plus tard. Je bossais dans mon atelier quand l’idée s’est précisée. A l’époque, j’enseignais à la maternelle, ce qui me permettait d’être à l’atelier à partir de 16 h, au lieu de 19 h 30 ou 20 h avec des boulots plus classiques. L’enseignement me permettait de passer plus de temps à l’atelier, donc de créer plus de choses, ce qui est vraiment mon truc. Tous les autres boulots que j’ai eus avant de monter ma boîte me servaient surtout à financer mon atelier, donc je n’étais sûrement pas la meilleure des employées !

Tu procèdes de façon bien particulière, tout est fait main avec beaucoup de méticulosité et de précision. Peux-tu nous parler des difficultés et des avantages de ce genre de méthode ?
Qu’on fasse fabriquer en Chine ou dans son arrière-cour, le processus de fabrication présente toujours des difficultés. Il y a toujours un manque de communication, on fait souvent des erreurs. J’ai envie que mes produits donnent envie aux gens de se « faire un nid », qu’ils se sentent bien avec. Et je pense que les choses qui ont ce côté artisanal ont plus de chance de devenir des « trésors à garder » par opposition à toutes ces choses dont on se débarrasse au bout d’un an. Donc fabriquer des objets avec des artisans et des individus plutôt que de grosses structures fait aussi partie de mon approche.

Tu travailles avec de petites communautés d’artisans. Peux-tu nous en parler et nous dire pourquoi cet aspect compte autant pour toi ?
Travailler avec des individus plutôt que de grosses boîtes est essentiel à mes yeux. Si j’aime faire ce travail, c’est pour deux raisons : offrir du travail à ces gens qui ont des compétences extraordinaires et pour que leurs traditions et techniques continuent de vivre et d’être transmises aux générations à venir. Pour voir un croquis prendre vie et devenir un produit fait par un artisan expérimenté. Parfois, la magie opère pendant la phase de transformation. Je fais mes croquis à la main et sur Photoshop, ils sont simples et clairs, et intègrent en général une partie de mes dessins. C’est tellement fascinant de voir comment mes tisseurs vont interpréter mes dessins. Mes plus beaux produits sont issus d’une collaboration totale entre mon dessin original et l’interprétation qu’en ont fait les artisans… c’est fascinant et inspirant.

In The Studio with Caroline Hurley

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Le plus difficile, quand on monte son affaire à New York ?
Vivre dans l’une des villes les plus chères au monde est une vraie difficulté. Personne ne m’a jamais financée ni aidée financièrement…. Je réinjectais chaque sou gagné dans mon affaire, et c’est parti de là. Parfois, j’essaie d’imaginer ce que ce serait de partir m’installer ailleurs, de faire les choses à distance. Le seul problème, c’est que j’adore ma communauté de créatifs, ici à Brooklyn, j’ai vraiment de la chance d’être aussi bien entourée. J’adore pouvoir passer à l’atelier d’un copain, discuter d’une idée de création, ou de demander conseil sur un problème. Peut-être qu’un jour je partirai, pour avoir plus d’espace et faire travailler plus de monde. Peut-être que je développerai ma propre communauté, ma propre famille, mais pour l’instant, je suis contente de vivre dans la ville la plus chère et la plus exaltante qui soit.

Comment ton travail influence-t-il ton style personnel ?
J’aime les choses simples, toujours. J’aime les vêtements dans lesquels on respire, qui sont amples, un peu comme mes créations. Je suis rarement ultrasophistiquée, et c’est un peu la même chose avec mes créations.

J’ai lu que c’était un voyage à Bali après tes études qui t’avait donné envie de créer des tissus. Les voyages restent-ils une grosse source d’inspiration ?
Les voyages comptent énormément pour moi. Ça m’ouvre. Je vois les choses de façon plus vivante. Les motifs, les couleurs m’interpellent. Chacune de mes collections s’inspire d’une ville : en général, je visite cette ville, je la découvre, puis je reviens dans mon petit atelier de Brooklyn pour créer. J’en ai fait l’ADN de ma marque, parce que finalement, il ne tient qu’à moi de me bâtir la vie dont j’ai envie. Je pourrais facilement trouver l’inspiration ici, à NY, mais j’ai toujours adoré voyager, ça m’a toujours ouvert l’esprit, et je savais que si ça ne faisait pas partie intégrante de ma marque, je perdrais un peu cette habitude. Donc en gros, je me force (mais c’est un plaisir) à faire au moins deux voyages par an, pour chaque nouvelle collection. Je suis par exemple allée à Antigua, au Guatemala, à Florence (Italie), à Essaouira (Maroc). Ma prochaine destination, c’est Joshua Tree, en Californie.

Le produit que tu préfères dans ce que tu as fait jusqu’à présent ?
J’adore les tapis que j’ai créés avec les tisseuses guatémaltèques, mais je crois que la création que je chéris le plus, c’est la première, à savoir le plaid hannah.

Et celui qui a été le plus difficile à créer ?
Je crois que ça a été nos tapis en alpaga, notamment le tapis millican. Ils sont faits dans un petit village à côté d’Ayacucho au Pérou. On s’y rend à dos d’âne, mais j’adore le travail de ces artisans, donc j’ai produit ces tapis en série limitée mais je renouvelle le stock régulièrement. Une amie m’a aidée dans ce projet, elle a joué le rôle d’intermédiaire, mais fabriquer des produits à distance, dans des lieux aussi inaccessibles physiquement que par e-mail, c’est super dur. Ces tapis sont tous réalisés à partir des alpagas élevés dans l’exploitation familiale. C’est un procédé spécial, et chaque tapis nécessite 5 semaines de travail.

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Le projet ou la collaboration dont tu rêves ?
J’adorerais VRAIMENT collaborer avec un grand hôtel qui chercherait à créer quelque chose de plus intimiste. J’aimerais bosser sur un hôtel dans lequel on se sentirait comme à la maison. Il me faudrait un budget illimité pour créer un hôtel à 10 chambres, remplies de mobilier et de tissus confortables, de belles œuvres d’art. Tout serait à vendre, il y aurait des chefs à demeure qui feraient une bonne cuisine familiale pour tous les clients. Idéalement, ce serait au bord de l’océan (genre au Mexique) et je proposerais aussi des résidences d’artistes. Je ne sais pas avec quelle chaîne je pourrais faire ça, peut-être Starwood ou Ritz Carlton ?

Tes indispensables pour travailler ?
Ma bouteille d’eau Essentia, de la peinture, des pinceaux à portée de main, des feuilles blanches disponibles au cas où une idée surgirait. Toutes les inspirations, les objets rassemblés au cours de mon dernier voyage. Plein de plantes, de la bonne musique ou la radio quand je fais des trucs qui ne nécessitent pas trop de concentration comme découper les modèles pour nos nouveaux styles d’imprimés.

Si tu n’habitais pas à NY, où aimerais-tu vivre ?
Au Mexique ou à LA.

Où peut-on te trouver quand tu n’es pas dans ton atelier ?
En train de voyager quelque part ! Ou tranquille, chez moi, avec des amis ou en train de faire la cuisine.

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Caroline Z Hurley | 155 Freeman St. Brooklyn, NY 11222 | 718-389-9099

On Caroline: Jeans, Levi’s Classic 611 ; Top, Vintage

8 comments

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  • Jorge Alexandre Teixeira 26 août 2016, 11:15 / Répondre

    *_*

  • Sunny Side 26 août 2016, 11:16 / Répondre

    Vraiment magnifique ! Prend-elle une stagiaire ? (ce n’est pas moi) mais je pense à une jeune femme super douée qui adorerait.

  • Si vous passez un jour par Mexico, vous adoreriez les artisans qu’il y a ici… Jetez un oeil à León León Design, une boîte montée par un couple franco-mexicain adorable et ultra créatif! Je suis sûre que vous allez adorer!

  • I have her Mimi napkins, which I bought after seeing them used at Nourish Kitchen + Table on Greenwich Avenue. They wash well and fade really beautifully. So nice to know something about the maker! Thank you, Natalie. (And Erik, as usual, for the great pictures.)

  • I LOVE how she said « I built that into my brand because I believe that it’s up to me the build life I want » about the travelling she does for inspiration. Wow, that truely moved me and I’m about to sit down and think about what I want to be a big part of my life. Thank you!

  • Magic vibe!

  • I can’t find Levis 611 – do you know the source?

  • Thanks for bringing this interview to us. I find it very interesting to see other people’s processes. I’m myself a textile designer and handbag designer. I like that she decided to bring traveling as an important part of her brand. Something that is important to her. I should also integrate something like that into my brand. Maybe it’ll be a macro photography excursion as an inspiration for a collection.. this is delicious food for thought.
    I actually just wrote my first blog post about how I create my textile prints. check it out: http://www.minamiyaki.com/blog
    bises de Seattle
    <3

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