Empathizing with Dr. Blasey Ford & Men’s Struggle to do the Same

2 years ago by

Empathizing with Dr. Blasey Ford & Men’s Struggle to do the Same

Les témoignages contradictoires du juge Brett Kavanaugh et de Dr. Christine Blasey Ford lors de l’audition judiciaire du Sénat de jeudi ont captivé le pays. Après avoir reçu l’assurance de la certitude de Ford d’avoir été attaquée par le Juge, et avoir entendu le déni univoque de toute faute de la part de Kavanaugh, les Américains se sont retrouvés à disséquer les détails de leurs récits respectifs et leurs crédibilités respectives.

Alors que les sénateurs ont choisi d’éviter les attaques portant sur la personnalité de Blasey Ford, Kavanaugh s’est largement appuyé sur ce critère dans son propre témoignage. Son argument le plus fort était qu’en tant que juge, mentor, et père, il ne pouvait pas être l’auteur d’une agression sexuelle. Selon lui, et selon d’autres, ces rôles ne peuvent pas cohabiter dans l’existence d’un individu.

Pourtant, les auteurs d’agressions sexuelles ne sont pas des caricatures. Si nous avons appris quelque chose du mouvement Me Too, c’est bien que des hommes banals, et même des hommes aimés – avec des épouses, des enfants, et des amies – sont responsables de violence sexuelle. Ils en commettent depuis longtemps, en toute impunité. Et la perception qu’ont d’autres hommes de leur personnalité n’est pas pertinente.

Les femmes ont conscience du caractère omniprésent du harcèlement et des agressions sexuelles à un niveau que beaucoup d’hommes, comme je m’en suis rendu compte, ne peuvent toujours pas imaginer. Si une femme n’a pas fait elle-même l’expérience du harcèlement sexuel, c’est le cas d’une de ses amies. Au contraire, la plupart des hommes vivent toute leur vie sans être confrontés à cette difficile vérité. C’est devenu évident le jour où Blasey Ford a partagé son expérience avec le Sénat et la nation. Les femmes que je connais ont cru le témoignage de Blasey Ford, s’y sont identifiées, immédiatement. Beaucoup de nos pairs masculins et de nos sénateurs ont une attitude différente et s’accrochent désespérément à l’identité de Kavanaugh comme ancien élève de Yale, chrétien, membre du service public.

Ayant été agressée sexuellement au lycée, cela a été particulièrement facile pour moi de m’imaginer dans la situation de Blasey Ford ces derniers jours. Je me demande comment je décrirais ce qui m’est arrivé, si j’étais à sa place. Comment prouver que je n’ai pas consenti aux avances sexuelles d’un garçon que je considérais comme un ami ? Qu’allait-on penser de moi lorsque j’aurais admis que j’étais ivre cette nuit-là ? Comment expliquer que je n’ai parlé de ces expériences qu’au bout de deux ans ? En réalité, j’aurais beaucoup de mal à répondre à ces questions. Mais je ne pense pas que cela doive invalider mon expérience.

Au contraire, j’interprète ces difficultés comme le signe que le système actuel d’enquête sur les cas de violence sexuelle n’est pas apte à résoudre les problèmes posés par ce crime. Indépendamment du procureur indépendant engagé, nous avons observé pendant cette audition au Sénat que le fardeau de la preuve continue à reposer sur les victimes alors que les accusés ont la chance de donner librement des prétextes, de nier. Ce système dans lequel les victimes et les accusés se battent l’un contre l’autre donne l’impression fausse que leurs témoignages ont la même valeur, et cela n’apporte pas de justice.

En regardant Kavanaugh et divers sénateurs présenter le caractère extraordinaire du juge, je ne pouvais pas m’empêcher de me dire que j’étais, comme d’autres Américains, manipulée. Au lieu de nous pencher sur les prétendues actions de Kavanaugh, on nous conduisait à fonder notre jugement sur des bases qui, pour finir, n’existent pas.

Tout en spéculant sur ce que je ferais si je me retrouvais dans une situation comme celle-là, je me suis demandé ce que d’autres feraient pour se soulager de ce fardeau que moi, comme tant d’autres femmes, avons été forcées de porter seules. Comme pouvons-nous, comme société, nous attaquer à la prévalence de la violence sexuelle ? Comment reconnaître les difficultés rencontrées par les survivantes, comment faire pour les soutenir à la fois à un niveau personnel et à l’intérieur du système judiciaire ?

Ce dont j’ai fini par me rendre compte, c’est que, si les femmes que je connais ont beaucoup réfléchi à ces questions, c’est parce qu’il le fallait. Seuls les hommes ont eu le privilège d’échapper à cette réalité, mais j’espère sincèrement qu’ils vont commencer à ouvrir les yeux.

Il y a presque trente ans qu’Anita Hill s’est assise devant des sénateurs pour révéler ce qu’elle savait de Clarence Thomas. Nombre de ces sénateurs n’ont pas changé et je me demande donc, qu’est-ce qui a changé ? Le mouvement #MeToo m’a semblé immense mais n’oublions pas que l’année qui a suivi le témoignage de Hill a été nommée “l’année de la femme”. Les femmes sont-elles arrivées aussi loin qu’elles le pensent ?

Christine Blasey Ford, Anita Hill, et un nombre incalculable d’autres femmes ont parlé publiquement de leurs expériences d’attaque et de harcèlement sexuel, non pas pour elles-mêmes, mais en raison d’un sens plus large de la justice sociale. Elles ont parlé, non seulement pour dire ce qu’elles ressentaient, mais dans l’espoir que d’autres les écoutent. Pour lutter contre la violence sexuelle, les femmes ne peuvent travailler seules à la sensibilisation. Nous avons parlé. Maintenant, nous demandons aux hommes d’écouter.

2 comments

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  • Merci pour cet article tellement vrai ! En tant que jeune femme je me suis effectivement rendu encore compte cette semaine que mes amis garçons (et même fille ! ) n’avaient pas du tout imaginé les enjeux des combats que les femmes traversent en ce moment. Cela m’attriste ! Je vais leur faire lire cet article ;)

  • As a woman, we all know and we all have probably experienced some sort of prejudice, bigotry and physical & emotional sexual assault. What bothers me about the Ford vs Kavanaugh circumstance is that majority of media/news/hollywood SIMPLY just assumes HE is 100% guilty and she is 100% telling the truth. Most have passed judgement w/o a proper trial/evidence/witness. And most news outlets were ready to jump the gun and spread false news because « its ok », this is a judge who leans towards the right and is portrayed as « against women’s rights ».

    Yes, we should encourage all women to speak out, but that doesn’t mean all women who do ARE telling the 100% truth. We cannot deny there is a political element in this case.

    Yes, unfortunately, the burden of proof lies with the victim. But that is the case with a lot of crimes. Lest we all just turn and accuse anyone we hate or want revenge with. (you know it’s true) I have a father, uncles, brothers, sons, nephews, friends who can (at anytime) be accused falsely if that were the case. It is naive to think it won’t happen. And if years from now it comes out that all these are false, who will apologise and recompense the accused and his family? And there are cases when this has happened.

    The #MeToo movement is tainted w/ politics and biases. It’s really disappointing. When Monica Lewinsky twitted #METoo, it was greeted with relative silence compare to other popular actresses. Where was the investigation on all those that Bill Clinton raped and assaulted? That would’ve kept senators occupied for a while. Not to mention everyone who accuses all these politicians on BOTH sides.

    And lastly, I think its insulting that women are telling other women what to think or feel. That isn’t a step forward, but a step back. Women have a brain, use it and be independent. Speak out, have your own opinion, don’t feel obligated to follow the trend.

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