Reflections

The Joy of a Good, Long Hike

6 months ago by

The Joy of a Good, Long Hike

Il y a deux semaines, j’étais plongée dans une pinède sur la côte turque, suante, heureuse, en pleine randonnée avec un petit sac à dos Fjallraven noir sur le dos, une énorme bouteille d’eau et mon vieil appareil photo Pentax. J’étais accro aux colos d’été en grandissant et je n’aime rien tant que de marcher dans les bois pour quelques airs et respirer l’air frais des pins. Et c’est encore plus le cas après avoir vécu à New York City (et même Manhattan) pendant trois ans, ça me semble toujours miraculeux de pouvoir passer quelques heures dans un espace ouvert, naturel. Mon père, qui nous avait tous inscrit pour cette excursion d’une semaine, n’était pas du même avis.

“Je n’arrête pas de me dire qu’on est bientôt arrivés et puis il y a ENCORE UN AUTRE tournant !” disait-il – à chaque tournant au bout de 25 minutes – accompagné d’insultes marmonnées dans sa barbe, avec la sueur qui tombait de son front, le désespoir dans la voix. Il n’arrivait pas vraiment à comprendre l’intérêt de marcher pour marcher plutôt que de simplement (et rapidement) emmener une personne d’un point a à un point b. Il avait inscrit notre famille – avec enthousiasme et précipitation – pour une randonnée sur le chemin de Lycie, un ancien sentier qui suit la côte de l’ancienne Lycie, en Turquie. Mais il n’avait pas vraiment prêté attention au fait que c’étaient les marches – les randonnées en réalité – et pas les sites sur le chemin qui faisaient tout l’intérêt du voyage.

Pour une professeure certifiée de yoga, et une personne qui aime à se penser comme équilibrée, aimable, au-dessus de choses comme la colère ou l’agressivité, je me sens toujours extrêmement anxieuse avant les réunions ou les voyages de famille. Une citation célèbre de Ram Dass dit dit “tu penses que tu es éclairé ? Passe donc une semaine avec ta famille.” Le fait de passer une semaine (ou même quelques jours) chez moi ne manque jamais de réveiller en moi un léger sentiment de chaos. J’aime ma famille, évidemment, mais je suis aussi parfaitement consciente que je n’arrive pas (et je n’y arriverai peut-être jamais) à leur présenter la meilleure version de moi-même. Même si j’essaie de respecter scrupuleusement ma routine de méditation, tout part quand même de travers quand je suis avec ma mère, mon père, et ma soeur jumelle ; les gens avec qui je suis la plus prompte à m’énerver.

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Le chemin de Lycée estnaturellement sublime – vert, luxuriant, avec d’incroyables fleurs sauvages au début du mois de juin et une constante brume marine – le tout parsemé d’incroyables ruines archéologiques. En chemin, nous avons pu pique-niquer dans dans un cimetière antique, à l’ombre des tombes dévalisées (en nous excusant auprès des esprits) pour nous protéger du soleil; nous avons pu marcher sur les restes d’un aqueduc romain; nous avons visité la ville fantôme de Kaya, avec ses collines pleines ruines de maisons vides des années 1930; et nous avons fait un nombre infini de pas sur un des chemins les plus spectaculaires que j’ai jamais vus. La plupart du temps, nous ne croisions jamais d’autres groupes de touristes; les sentiers et les ruines étaient à nous.

J’étais partie pour ce vogade dans le but de guérir en profondeur certaines de mes relations familiales. Est-ce qu’on peut imaginer un meilleur moment qu’une longue marque avec quelqu’un sans échappatoire possiblle ? Je n’ai clairement pas eu une enfance traumatisante, et mes relations avec ma famille ne sont pas ouvertement “mauvaises” mais ma soeur et moi nous chamaillons plus que je ne le souhaiterais, et j’aimerais m’entendre mieux avec ma mère. J’ai passé un peu de temps en thérapie à m’interroger sur nos relations; mais en vérité il faut faire ce travail avec les gens en question. Et c’est souvent inconfortable.

Mon père, qui est celui des trois qui est le plus proche d’avoir mon amour inconditionnel, était clairement le plus ridicule pendant le voyage, à expliquer qu’il ne pouvait manquer aucune randonnée parce qu’il avait peur de rater quelque chose et qui passait quand même chaque randonnée dans un malheur profond et assumé. Je crois que, ironiquement, ce comportement reflète ouvertement le mieux – celui où, au lieu de me retirer de toute conversation et interaction familiales, ce que j’ai souvent fait dans le passé, j’ai choisi de participer, d’être présente, et d’être mal à l’aise.

Ce processus inconfortable est loin d’être achevé, et ne le sera sans doute jamais. Mais nous fuyons souvent la souffrance de la condition humaine, la vraie souffrance que nous sommes censés, grâce à l’apprentissage de la méditation, pouvoir affronter au lieu de la fuir. Et c’est peut-être précisément parce qu’il était si mal à l’aise que mon père ne va jamais oublier ces randonnées en Turquie; et je sais que je ne les oublierai jamais non plus. Et nous saurons tous les deux que nous sommes tous les deux venus et avons fait de notre mieux, ensemble, pour guérir une chose dont nous n’avons jamais parlé.

Written by Olivia Dillingham

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