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The Secret Shirt

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The Secret Shirt

Un printemps, quand j’avais 13 ans, j’ai acheté quelque chose en cachette. De face, rien de particulier : un t-shirt court en coton gris bruyère. Mais de dos, c’était une tout autre histoire. Il était entièrement ouvert, laissant le dos entièrement dénudé, avec un ruban en soie dans le bas. Un t-shirt de Urban Outfitters, en jersey bon marché et il n’avait rien de flatteur ou élégant. Mais, quand j’avais 13 ans, c’était… exaltant.

Le weekend, quand je m’habillais pour aller voir un film ou dîner avec des amis, je l’essayais. Et je ressentais toujours un rush d’impatience, qui retombait dès que je me voyais dans le miroir. La magie du t-shirt secret marchait mieux en théorie qu’en pratique.

Je ne l’ai jamais porté hors de ma chambre mais ça ne m’empêchait pas de penser qu’un jour, je trouverais une bonne occasion. Quelque chose dans le t-shirt, peut-être le fait que c’était le vêtement le plus découvert en ma possession, ou peut-être le fait de l’avoir acheté en cachette, portait la promesse de l’âge adulte : une bouffée de fumée de cigarettes, la proximité d’individus masculins, d’autres petits risques adolescents.

La personne que je suis aujourd’hui est largement soulagée de n’avoir jamais porté ce t-shirt quand j’étais adolescente. Et même si je résistais le plus souvent à la tentation de porter des vêtements osés au lycée, j’ai parfois aussi cédé à la tentation de porter moins pour gagner plus. Et même si ça comporte des avantages, l’inconvénient, c’est que moins on porte de tissu, plus c’est difficile de présenter une identité distincte de, tout simplement, son corps. Je n’ai jamais remis en question le paradoxe de l’adolescente quand j’en étais une : à l’époque où le besoin d’affiner et d’exprimer son identité semble pressant, la séduction des corps et la pression liée au fait de les exposer est à son comble. Le sens d’un style personnel fait bien faible impression face à un nombril découvert.

Avec le temps, le t-shirt secret a cédé sa place dans mon placard à des vêtements plus sophistiqués – des hauts à frange en daim achetés dans des boutiques d’occasion et les pantalons écossais années 80 de ma mère. Mon goût en vêtements est devenu plus lié à la présence de tissu qu’à l’absence de tissus. Mais même comme ça, je ne peux pas m’empêcher d’avoir des papillons dans le ventre quand je repense à ce haut, lié aussi au fait d’être prise entre l’adolescence et l’âge adulte : les phares d’un jeune chauffeur avançant dans l’allée du garage, les éclats d’une fête et le couvre-feu de 23h.

Par Mara Veitch

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