A Note From...

Wwoofing in Italy

4 months ago by

Wwoofing in Italy

Les gants en cuir avaient été trop portés, ils étaient devenus rigides et craquelés. Mais, dès le deuxième jour, après avoir passé des heures à les plier et à les tordre de nos mains, ils sont devenus plus souples. Nous avions tous notre paire préférée.

Nous étions dix. Nous venions tous d’endroits différents – de Nashville à Amsterdam – et nous étions arrivés dans ce vignoble toscan avec quelques jours d’écart. Mais, à présent, nous étions tous là et nous nous préparions tous ensemble à arracher les mauvaises herbes dans des centaines de rangées de vignes, un rituel quotidien.

Je me suis retrouvée là après avoir vécu deux ans à New York. Avant, je travaillais comme manager de réseaux sociaux, un poste que j’avais trouvé immédiatement en sortant de la fac. Je me sentais fière et reconnaissante d’être employée par des gens brillants, d’en être entourée. Je partageais un appartement à Brooklyn avec deux amis de longue date. C’était exactement la vie dont je rêvais en sortant de la fac – jusqu’à ce que ça ne soit plus mon rêve.

L’appartement a commencé à me sembler trop petit, le métro trop bruyant, et le job trop tout. Depuis l’enfance, mon chemin était tout tracé : avoir de bonnes notes, devenir éditrice d’un journal, aller dans une super université. Et soudainement, plongée dans une nouvelle phase de ma vie, sans guide, je ne savais plus quel chemin prendre pour avancer. Toutes les petites décisions prenaient une importance colossale : que faire pour dîner, que regarder…

J’avais besoin de changement mais je ne savais pas par où commencer. Et une fois où je me suis perdue sur internet, tard dans la nuit, j’ai découvert World Wide Opportunities on Organic Farms, un réseau de fermes qui accueillent des volontaires pour de courtes périodes. J’ai un ami qui avait fait ça en Italie et, à ma propre surprise, ça m’a suffi.

J’ai échangé mes chaussures de bureau contre des bottes de rando et j’ai mis en carton tout ce que j’avais dans l’appartement. Mes amis, impressionnés par ma décision impulsive mais moqueurs du cliché, m’ont offert des DVD pour mon départ : Sous le soleil de Toscane, Eat Pray Love et Wild. J’ai levé les yeux au ciel et je n’ai pas dit que je m’étais acheté les mêmes bottes que le personnage incarné par Reese Witherspoon.

Castello di Potentino, un château du 11e siècle, est situé au pied du Mont Amiata, dans le sud de la Toscane. Le village le plus proche, Seggiano, date de la période étrusque et la station de train la plus proche est à une heure de route.

Les volontaires partageaient un appartement modeste, à l’écart du château, mais les vues étaient tout aussi spectaculaires. Les journées commençaient tôt, à 6h30 du matin environ. L’un de nous préparait des cafetières de moka ou de café pour le groupe. Un autre faisait frire des oeufs pour les toasts. Et les quatre heures suivantes étaient passées dans les champs, à cueillir et à tailler. Je m’étais imaginé écraser des raisins mais mon imagination s’était plantée de six mois. Donc j’ai arraché les mauvaises herbes.

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Une heure avant le repas, nous allions dans la cuisine pour aider la cheffe à préparer des pâtes aux courgettes à la menthe et des lasagnes à l’aubergine. Elle improvisait avec ce que l’épicier du coin nous avait apporté. Certains d’entre nous coupaient les légumes tandis que d’autres mettaient la table, le tout en musique.

Nous avions différents arrangements pour dormir, selon les allées et venues des volontaires. Chaque nuit ressemblait à une grande soirée pyjama. Nous nous retrouvions dans une chambre après le dîner pour jouer à des jeux et parler. Et le lendemain, on se levait pour recommencer.

Dans cette simplicité, dans cette répétition, j’ai trouvé la sérénité et la clarté.

En fait, le processus pour devenir soi-même ressemble un peu à la fabrication du vin. On n’a pas le choix, il faut laisser le vin respirer et se développer à son propre rythme. Il faut s’en occuper mais lui laisser de l’espace pour bouger – vers le soleil et pas vers les vignes d’à côté. Et à un moment, le raisin mûrit et il vous le dit.

Un jour, vers la fin de mon séjour à Potentino, j’étais dans la cathédrale et je faisais visiter les environs à un nouveau WWOOFeur. C’était un des rares endroits où on avait un WiFi correct. J’ai regardé mon téléphone et j’ai découvert un email auquel je ne m’attendais pas du tout, et encore moins à ce moment-là. Il venait du bureau des admissions des études supérieures à Oxford. J’avais postulé quelques mois plus tôt et je m’étais forcée à ne pas y penser.

“Veuillez recevoir toutes nos félicitations pour votre réussite. Nous nous réjouissons de vous accueillir à Oxford en temps voulu.”

Et c’est là que les contours flous de mon futur se sont clarifiés : poursuivre mes études.

Il fallait que je plonge dans l’inconnu et que j’aie confiance dans le fait que je m’en sortirais, même si je ne savais pas vraiment ce que ça allait donner.

Ça faisait deux semaines que je me baladais avec de la terre sous les ongles et de méchantes marques de bronzage dûes aux heures passées à travailler au soleil en été. Bizarrement, ça m’a fait l’impression d’une cure purifiante. M’habiller est devenu facile (il fallait simplement choisir ce qui avait été lavé). Tout ce que je mangeais me semblait nourrissant.

Je me sentais libérée de toutes les attentes à propos de ma carrière, des pressions pour trouver quelqu’un, des mauvaises habitudes de shopping. Libérée des attentes de tous, sauf des miennes.

Prête à recommencer à zéro.

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